lundi 13 juin 2016

#JeSuisGay : le hashtag qui dérange sur Twitter

Hier soir, je me suis livrée à un exercice fort intéressant sur Twitter.
Tu sais? Twitter, le réseau social où chacun raconte ce qu'il veut, planqué derrière un pseudo les 3/4 du temps ?
Après les horreurs perpétrées à Orlando, j'ai observé les réactions sur les réseaux sociaux à la recherche du Hashtag #JeSuisGay.
Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Du coup, j'ai tweeté ça :


Non pour inciter qui que ce soit à faire son coming out.
Non plus pour forcer qui que ce soit à utiliser un hashtag plutôt qu'un autre.
Mais seulement pour attirer l'attention sur un hashtag qui n'a jamais sa place sur Twitter, alors que des hashtags homophobes sont régulièrement en Top Trend en France.
Comprenez pour les néophytes : en tendance super à la mode.

Sur le fond, il m'était bien égal que ce hashtag devienne "tendance" ou pas. Ce qui m'intéressait avant tout, c'étaient les réactions qu'il provoquerait. Et bien, je n'ai pas été déçue.

L'exercice s'est révélé fort instructif : de menaces de mort en menaces de viols, j'ai également eu droit à des tombereaux d'insultes sexistes et homophobes.

Et le profil de ces charmants interlocuteurs est lui aussi fort intéressant : 
  • Supporteurs de foot, à grande majorité de Manchester United
  • Rappeurs ou pseudo rappeurs en mode wannabe wesh wesh
  • Admirateurs et admiratrices du Coran et de la Bible
  • Militant-e-s d'extrême-droite
  • Ados prépubères
Parmi les jolies réponses fleuries auxquelles j'ai eu droit, quelques-unes sortes du lot :
  • On va tniker nous on est fou (sic)
  • On doit sucer des bites par solidarité ? Je t'en collerai des solidarité (sic)
  • Et ta grosse daronne aussi
  • Allez bien vous faire enculer avec vos slogans de merde
  • Nique bien ta grand-mère la grosse truie
  • Le moment où jamais d'oser le Htag #JeSuisHomophobe surtout sur Twitter où l'homosexualité est monnaie courante
  • clocharde
  • Les gays en enfer
Exercice vraiment intéressant. Conclusion désespérante.

L'homophobie a décidément encore de beaux jours devant elle.

mercredi 1 juin 2016

Cher Denis Baupin... Comme je te méprise...

... Je vais d'emblée te tutoyer. Non parce que nous sommes camarades mais, comme tu affirmes être super "open" dans la sordide interview que tu as accordée à L'Obs, je ne vais pas me gêner.
Avant que tu ne tombes de ta chaise et que tu ne te relèves avec un exemplaire du code civil et du code pénal dans chaque main, oui je sais, tu es présumé innocent.

Néanmoins...

En affirmant que:
"Je ne vais pas nier que j’ai longtemps été dans le registre de la séduction et dans une forme de libertinage correspondant à la culture des écologistes."
C'est moi qui suis tombée de ma chaise. Doit-on en conclure que tous les écolo et surtout, touTES les écolos, sont des Marie-Couche-toi-là et que c'est la fête du slip tous les jours chez les écolos?

En lisant ceci :
"Il a pu y avoir des situations de libertinage incompris"
Je me suis relevée de ma chaise avec la furieuse envie de te mettre ma main dans la gueule te gifler.

Qu'est-ce donc que cette notion saugrenue de "libertinage incompris"? Aurais-tu malencontreusement caressé les fesses d'une femme qui - gourde comme elle est - n'aurait pas compris ? 

Et tu ajoutes :
"En discutant avec des femmes, j’ai compris que ce qui est légal, la drague, peut malgré tout être ressenti dans la vie d’une femme comme quelque chose de pénible."
Et bien, vois-tu, c'est précisément là que le bât blesse mon grand. La drague, oui c'est légal. La drague lourde, insistante, pénible, ce n'est plus de la drague : c'est du harcèlement.

Mais tout s'explique. Tu vis dans la nostalgie de l'époque 
"libertine et post-soixante-huitarde qui régnait chez les écolos. Aujourd’hui, le regard de la société est moins "open". 
Le regard de la société est moins "open". Quel scandale ! On n'est moins open, on est des gros coincés du cul... Comme c'est triste de vivre dans une époque qui ne tolère pas les mains au cul et le pelotage à tous les coins de rue.

Tu affirmes aussi que:
"le harcèlement, c’est quand il y a une volonté d’obliger"
Tu n'as rien compris, permets-moi de te le dire... Parce que quand il y a volonté d'obliger, on est légitimement en droit de penser qu'à ce moment-là, nous ne sommes plus que dans les mots mais dans les actes... Et alors là, mon cher Denis, on ne parle plus de harcèlement mais d'agression.

Alors, après réflexion, non... Je ne te plains pas Denis. Je te méprise. Celles que je plains, ce sont toutes ces femmes qui ont eu a subir ton "libertinage incompris".

Et à l'heure où j'écris ces quelques mots, c'est aussi à ta femme que vont mes pensées.

vendredi 27 mai 2016

Journée de la Résistance. Une ombre dans l'Armée des Ombres : Simonne Mathieu

Si tu passes souvent par ici, tu connais déjà ma passion pour l'histoire. Aujourd'hui, Journée Nationale de la Résistance, je ne vais pas te raconter comment j'ai brillamment remporté le concours du même nom en 1993 (modestie oblige), mais juste te parler d'une femme que j'ai croisée dans les archives du Service Historique de la Défense : Simonne Mathieu.

Actualité sportive oblige avec le tournoi de Roland Garros, c'est le combo gagnant avec Simonne Mathieu.

Championne de tennis, numéro un tricolore dans les années 1930, troisième meilleure joueuse mondiale en 1932, elle remporte deux fois le tournoi de Roland-Garros en simple, en 1938 (année où elle réussit même un exceptionnel triplé, en s'imposant aussi en double dames et en double mixte) et 1939. 

En 1940, elle intègre les Forces Françaises Libres en Angleterre, avec le grade de lieutenant, sous le matricule 70.000, et commande le Corps Féminin des Volontaires Françaises (CFVF) créé par décret le 7 novembre 1940.
En décembre 1941, elle quitte le CFVF pour le Service du Chiffre au Bureau Central de Renseignements et d'Action (BCRA) et rejoint le Général de Gaulle à Alger en 1943, aux côtés duquel elle défilera le jour de la Libération de Paris le 26 août 1944 avec le grade de capitaine.

Bref... Une grande dame comme aurait dit ma grand-mère.

18 destins du 18 juin: portrait de Simonne Mathieu

jeudi 26 mai 2016

Le permis de tuer du projet de loi Boyer révolte une militante discrète

Noura Bellili milite activement pour les droits des femmes et contre les violences dont elles sont victimes.
Elle a récemment participé au concours de courts-métrages initié par l'association "Ensemble contre la gynophobie" en présentant "Libre", un film dont elle est la narratrice et l’auteure du texte.
Particulièrement attentive et vigilante quant aux projets de lois relatifs à ces questions, elle conteste vivement celui de Valérie Boyer qui entend mettre en place une « irresponsabilité pénale » pour les femmes battues qui se vengent de leur conjoint.

Comme je l’ai déjà fait pour d’autres avant elles, je lui confie aujourd’hui les clés de mon blog. 
--
Quand on est une militante comme moi, accepter le projet de loi Valérie Boyer est tout simplement impossible. Accepter que les femmes soient reconnues pénalement irresponsables revient à dire que l’Etat reconnaît implicitement que les fonctionnaires de police, les associations, les avocats, les juges, les spots de prévention télé… sont inefficaces.

Instaurer l’irresponsabilité pénale revient à autoriser les femmes victimes de violences conjugales à se venger en tuant leur conjoint. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un permis de tuer, voire un appel au meurtre !

Une expertise permettrait de juger si la femme était atteinte de troubles psychiques au moment des faits. Et si tel est le cas, elle serait considérée comme irresponsable. Les conséquences d’une telle loi, en amont des faits concernés, ne sont ni plus ni moins qu’un encouragement pour les femmes victimes de violences à se faire justice elles-mêmes. Implicitement, cela revient à dire que le système judiciaire n’a pas été capable de protéger les femmes, mais que la « Loi Boyer » est là pour pallier à cette carence en exigeant la démission de la société et des institutions. 

Une pure folie ! 

Au lieu de proposer de sauver des vies, la loi de Valérie Boyer autorise le meurtre d’un conjoint violent, tout en ajoutant la notion de « présomption de légitime défense ».

Cette proposition de loi, au lieu d’aider les victimes à sortir de la spirale de la violence dans laquelle elles sont emprisonnées, leur propose tout simplement de se venger en toute légalité.

Noura Bellili