lundi 22 juin 2015

Dessine-moi un Conseil Départemental de droite...

Presque de 3 mois après l'investiture de la nouvelle majorité de droite en Essonne, le détricotage du bouclier social commence. Doucement mais sûrement.

Ça pourrait passer pour un cliché dit comme ça, et pourtant. La ritournelle des envolées lyriques sarkozystes qui ont fait les tristes heures de piètre gloire de notre ex-Président résonnent dans les travées de l'Assemblée Départementale.

A peine installé aux manettes, notre nouveau Président du Conseil Départemental s'attaque aux plus fragiles, aux plus modestes. C'est Laurent Wauquiez qui va être content, François Durovray a revêtu sa blouse blanche de chirurgien et entend enrayer le fantasmatique "cancer de l'assistanat".

Fidèle aux valeurs moisies de la droite - cette droite fraîchement rebaptisée "Les Républicains" - la première mesure adoptée ce jour : le contrôle et la traque des allocataires du RSA.
Tellement facile.

6500 d'entre eux recevront sous peu un courrier les enjoignant à (re)prendre contact avec les services d’insertion professionnelle du département. Cela représente un tiers des "bénéficiaires", si tant est que percevoir le RSA soit un bénéfice.

Comme le résume très bien Jérôme Guedj :
"Ce marqueur très à droite de la politique de Durovray me sidère. Alors que l’aide sociale est au cœur des compétences du département, il commence son mandat par un dangereux amalgame. Pour lui, le RSA équivaut à de la fraude. Un bénéficiaire qui ne va pas dans une MDS serait un arnaqueur". (source)
Les allocataires du RSA devront donc se rendre sous un délai d'un mois dans une de nos Maisons des Solidarités (MDS) du Département, déjà engorgées, et dont les agents sont déjà débordés, sous peine de suspension progressive, voire de radiation définitive du RSA.
Tout comme un chômeur qui n'est pas en contact régulier avec Pôle Emploi, un allocataire du RSA, qui ne ferait pas le pied de grue devant les structures départementales de retour à l'emploi, serait un tire-au-flanc, un fraudeur en puissance.

Ce raisonnement est à pleurer tellement il est empreint de clichés et de raccourcis faciles.

Je ne suis pas en train de dire que cette fraude-là n'existe pas et qu'il ne faut pas la combattre dans le cadre d'un vaste plan de lutte contre toutes les fraudes. Néanmoins, j'ai quelques doutes sur les priorités de la droite revenue aux commandes en Essonne. Et elles ne sont pas sans me rappeler celle de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était en campagne roue libre pendant sa campagne en 2012.

Par ailleurs, si la fraude existe, il serait de bon ton de se souvenir que la fraude au RSA ne représente que 60 millions € à l'échelle nationale, face aux 190 millions € pour les travailleurs non-déclarés par les entreprises et 2989 millions € pour la fraude fiscale. Donc, quand François Durovray estime qu'en Essonne, elle s'élèverait à 3,5 millions, soit 17 % du montant de la fraude nationale, m'est avis qu'il nage en plein délire a pris ses rêves pour des réalités.


Et comme si ça ne suffisait pas, en prétendant faire des économies, cette même droite essonnienne vient de décider de supprimer 175 000 € d'allocations familiales aux parents dont les enfants ont été confiés à l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance). Précariser encore davantage les familles les plus fragiles me laisse sans voix. Quel argument valable peut-il être avancé pour défendre une telle mesure? On parle de 175 000 € : un grain de sable dans un budget départemental.

J'attends maintenant les annonces de baisses des subventions aux associations, aux collèges à la culture... etc. Et la boucle sera bouclée.