lundi 30 avril 2012

Il était une fois Nicolas Sarkozy

Il était une fois un Président de la République.

Il s'appelait Nicolas Sarkozy.
Mais tout le monde le surnommaient Sarko. 
Il n'était pas très grand, mais ce n'était pas très important même si ses talonnettes lui valurent bien des sarcasmes.

Les mauvaises langues du pays vous diront qu'il ne respectait guère ses administrés de banlieue. 
  • On vous dira qu'il les a traités de racaille.
  • On vous dira aussi qu'il les a menacés de les nettoyer au kärcher.
Mais il ne faut pas les croire. Ce sont des mensonges.

Car il était bien entouré et tout le monde l'aimait bien.
On l'aimait tellement que dans les grandes familles de ce monde, on se permettait toutes sortes de largesses à son égard.
On prétendit que:
Car Nicolas Sarkozy rêvait de paillettes, de strass, de richesse.

Il voulait être Président de la République.

Alors pour réaliser son rêve, il sillonna la France à la rencontre de celles et ceux qui se lèvent tôt et qu'il respecte profondément.
Il leur promit monts et merveilles:
  • La fin de la misère: plus personne ne dormirait dans la rue en moins de 5 ans.
  • Plus on travaillerait, plus on gagnerait d'argent.
  • Le chômage serait réduit à 5%.
Il était tellement sûr de lui qu'il passa un pacte avec ses administrés:

"Si je ne tiens pas mes promesses, vous en tirerez les conséquences dans 5 ans".

Il était confiant.
Quand il gagna l'élection présidentielle en 2007, il était ragaillardi et plein d'entrain. Il fit encore plein de promesses à ses électeurs.

"Je ne vous décevrai pas" leur dit-il Place de la Concorde en compagnie de Mireille Mathieu et de 1000 colombes.

Pour célébrer sa victoire, il se rendit en compagnie de ses amis, dans une guinguette populaire des Champs Élysées car il se faisait un point d'honneur à être proche de son peuple.
Oui, il était le "candidat du peuple".
Quelques jours plus tard, fatigué d'avoir parcouru tant de kilomètres pendant sa campagne, il prit des vacances bien méritées.
A Palavas-les-Flots, il partit en mobil-home avec son meilleur ami Vincent Bolloré. Quelques pique-niques par ci par là, des virées en barque entrecoupées de parties de pétanque. C'étaient vraiment les vacances.

Malheureusement, il connut quelques déboires aussi.

Sa femme le quitta.
Blessé, meurtri, il se consacra corps et âme à sa nouvelle fonction de Président de la République.
Puis le soleil illumina de nouveau sa vie.
Il rencontra une donzelle. Belle comme le jour, elle avait été mannequin. Elle était ensuite devenue chanteuse.
Il se marièrent et eurent une charmante enfant.
Nicolas Sarkozy vivait dans son époque. Une famille recomposée, c'était fréquent.

Il mena une vie exemplaire faite de sacrifices tout à son honneur:
  • Il baissa son salaire de 172% pour vivre comme un ascète et respecter son peuple.
  • Il vendit sa montre suisse au profit d'une association caritative et la remplaça par une Flik-Flak.
  • Il renonça à l'avion présidentiel pour privilégier la bicyclette.
  • Il responsabilisa ses enfants en ne leur accordant aucun privilège lié à sa fonction.
  • Il fit attention à ses fréquentation en coupant les ponts avec plusieurs dictateurs peu fréquentables.
Son quinquennat fut glorieux.
  • La Crise épargna son pays.
  • Ses administrés n'avaient jamais été aussi riches.
  • La France devint un modèle dans toute l'Europe, le monde et même l'univers.
  • L'ennemie d'hier, l'Allemagne, ne jurait que par Nicolas Sarkozy.
  • Plus personne ne dormait dehors.
  • Le chômage avait été réduit à néant.
  • L'Éducation Nationale ne s'était jamais portée aussi bien.
  • Des dizaines de centres hospitaliers avaient été ouverts, agrandis, financés.
  • Les forces de l'ordre n'avaient jamais été aussi bien traitées.
  • Les magistrats ne juraient que par ses réformes.
  • La Princesse de Clèves avait remplacé la Duchesse de Bettencourt au Panthéon des femmes respectables. 
  • Les immigrés, les étrangers, tous-tes étaient accueillis à bras ouverts par Nicolas Sarkozy.
  • Les femmes étaient devenues les égales des hommes.
  • L'accès à la contraception pour les mineures s'était généralisé.
En 2012, il n'avait plus qu'un seul ennemi à abattre pour pouvoir continuer dans cette voie: François Hollande.

Il le détestait cordialement et tout le monde le savait.
François Hollande avait travaillé dur pour ébranler le bon Nicolas Sarkozy.
Il avait dit:
  • qu'il ferait voter les étrangers aux élections locales. Et plus de 60% des Français-e-s y étaient favorables.
  • que s'il prenait sa place, il baisserait son salaire ainsi que les salaires de tous les ministres.
  • qu'il recruterait 60 000 personnes dans l’Éducation Nationale. Les syndicats appelaient à voter François Hollande.
  • qu'il rétablirait les sénéchaux et les baillis de proximité.
  • qu'il autoriserait le mariage entre deux hommes ou deux femmes. Et puis que ces nouveaux couples auraient le droit d'avoir des enfants. Là aussi, près de 60% des Français-e-s y étaient favorables.
  • que les travailleurs âgés aideraient les travailleurs plus jeunes pour s'installer dans la vie active. Il avait appelé ça le "Contrat de génération". Ses partisans étaient conquis.
  • que les femmes seraient les égales des hommes, dans tous les domaines. Les féministes étaient venues en masse apporter leur soutien à François Hollande.
  • que l'immunité présidentielle n'existerait plus.
  • que la justice serait indépendante. Les magistrats soutenaient François Hollande.
Nicolas Sarkozy était perdu. Lui, le candidat du peuple devait se confronter à un illustre inconnu sans aucune expérience politique valable.

Mais le peuple ne l'entendait pas ainsi.

Partout en France, le soutien grandissait, la révolte grondait.
On parlait de Changement.
  • Changement pour la justice.
  • Changement pour la jeunesse.
  • Changement pour les travailleurs.
  • Changement pour la santé.
  • Changement pour la finance.
  • ...
Le "Changement"... ils n'avaient que ce mot-là à la bouche. 
Ils disaient: "Le Changement c'est maintenant".

Toutes les idées que François Hollande proposait rencontraient un succès grandissant dans toutes les provinces de France et de Navarre.
Nicolas Sarkozy était montré du doigt.
Il était désavoué par une partie de son peuple.
Il avait bien essayé de rester digne jusqu'au 1er tour de l'élection présidentielle, ne voulant pour rien au monde abandonner son poste.
Et puis le drame se produisit.
Nicolas Sarkozy fut battu par François Hollande le 22 avril 2012.

Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, un président-sortant était mis en difficulté au 1er tour.

Il ne pouvait en rester là.
Si François Hollande voulait la guerre, il l'aurait.
Il provoqua en duel François Hollande. A corps et à cris, à trois reprises.
Mais il n'obtint qu'un seul duel.
Puis, il changea de stratégie. Il devint plus offensif, plus agressif.
Ce naturel qu'il avait tant voulu effacer revint au galop.
Le 29 avril 2012, alors que François Hollande rassemblait ses ouailles dans un petit hangar de la capitale, Nicolas Sarkozy faisait de même dans un parc à Toulouse.
Il mettait ainsi un terme à une semaine d'allocutions à l'attention de l'électorat du diable.

La fin de l'histoire ne dit pas qui de François Hollande ou Nicolas Sarkozy a remporté la bataille.

C'est à vous qui lisez ce conte
de lui donner un dénouement.
Mais si vous aussi vous n'avez que le "Changement"
à la bouche, alors vous saurez, sans difficulté, donner une fin à cette histoire.

Vomir l'UMPFN

Je m'étais dit que je ne reviendrais pas sur les accointances entre Nicolas Sarkozy et le FN.
Mais après ce que Ronald vient de nous envoyer, j'ai du mal à rester tranquille derrière mon PC.
Son mail avait pour objet "vomir".

Il n'aurait pas pu trouver mieux.

Et dans le corps du mail, juste une citation de Nicolas Sarkozy, extraite de son meeting de Toulouse:
"Faites sauter les frontières et vous verrez les tribus et les communautés imposer à leurs membres des comportements dont nous ne voulons pas dans la République".
Nicolas Sarkozy persiste et signe dans dans sa stigmatisation de l'Autre.
  • Celui qui est différent de lui.
  • Celui qui ne vit pas comme lui.
La diversité culturelle, religieuse, c'est la phobie de Nicolas Sarkozy.

Une sorte de xénophobie qui ne dit pas son nom.
Petit rappel lexical à l'attention de celles et ceux qui me trouveraient un peu excessive.
Xénophobie:  Hostilité systématique à l'égard des étrangers, de ce qui vient de l'étranger. 
Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le Larousse.
Après l'Apocalypse selon François Fillon, celle de Nicolas Sarkozy.
Même le Figaro le reconnaît: 
"Dimanche à Toulouse, le président-candidat a conclu une semaine consacrée aux électeurs du Front national".
On va me répondre que François Hollande aussi a passé sa semaine à s'adresser à eux.
Et c'est vrai.
Je suis d'accord.
Sauf que sur le fond et la forme, c'est tout à fait différent.
Nicolas Sarkozy n'a pour seuls arguments de drague vis-à-vis du FN que l'immigration, les étrangers, les Autres, ces barbares et autres sarrasins qui vont pervertir la culture française, la société et l'économie française.
Les Autres, c'est la gangrène.

Quand François Hollande essaie d'analyser et de comprendre l'électorat FN, Nicolas Sarkozy le caresse dans le sens du poil et il exalte de sentiment national.

Alors OK.
Nicolas Sarkozy n'est pas Pétain. Ça on l'aura compris.

Par contre, que Nicolas Sarkozy ne soit pas Le Pen... Ça on n'en est moins sûr-e-s.

Surtout lorsqu'on compare leurs discours. 

Même vu de Belgique, Nicolas Sarkozy inquiète par son discours et son rapprochement idéologique avec le FN:
" Cet homme est dangereux [...] Mais le pire dans cette histoire est que l’homme n’en pense pas un mot, de ce discours. Sarkozy depuis toujours, ne se sert des thèmes que parce qu’ils peuvent le servir, lui. Cet homme au service de son ambition, sorte de girouette sans tête, est en train de détruire l’esprit citoyen, de nourrir le racisme, d’exalter les instincts de haine. Dans sa tentative désespérée de quand même emporter cette couronne, il brûle tout sur son passage. Et ne s’en rend même pas compte".





























dimanche 29 avril 2012

Mon meeting à #Bercy avec #FH2012

Mieux vaut tard que jamais, je viens d'assister à mon 1er meeting.
Mais comme tout le monde le disait, si je ne devais assister qu'à un seul meeting, ça devait être celui-là.
Je confirme.
C'était énorme.
Arrivée à Bercy très en avance pour retrouver mes acolytes de campagne, le parvis du POPB est bondé.
A l'intérieur, nous étions autour de 20 000, sans compter celles et ceux qui n'ont pas eu la chance d'entrer et qui ont assisté à la retransmission sur écran géant à l’extérieur du POPB.
Bercy était plein à craquer.
De 14h à 15h30 se sont succédés Pep's, Les Neg'Marrons, Sanséverino et Yaël Naïm.
Le temps passe et passe et passe
Et beaucoup de choses ont changé
Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait si vite écoulé,
On fait le Bilan, calmement en s'remémorant chaque instant
Parler des histoires d'avant comme si on avait 50 ans
(Neg'Marrons)
On rêve d’une vie meilleure plus de joie moins de pleurs
Beaucoup plus d’amour dans nos cœurs
J’peux pas refaire le monde mais laisse moi y croire
Tant qu’il y a de la vie c’est qu’il y a de l’espoir hé !
(Neg'Marrons) 
Dans les tribunes: Guy Bedos, Josiane Balasko, Jacques Higelin, Gérard Darmon, Jane Birkin, Catherine Lara, Jeanne Balibar, Vincent Lindon, Vikash Dhorasoo...

Autant de personnes qui ne craignent pas d'être à la rue comme Françoise Hardy si François Hollande est élu.

15h30. François Hollande fait son entrée pour occuper la scène pendant 2 heures.
Un discours solide et bien rôdé comme d'habitude.
Puis la Marseillaise. Une chorale de 20 000 personnes regonflées à bloc.
Et poussé par la ferveur, François Hollande reprend place derrière son pupitre, en roue libre pour 1/2 heure de pure communion avec tout Bercy.

Bref. J'ai assisté à mon 1er meeting de campagne.
Et c'était énorme.


samedi 28 avril 2012

Toi aussi: joue au Scrabble avec Nicolas Sarkozy

Et épate tes amis avec des scores historiques grâce à des mots comme:





Valérie Rosso-Debord ou les bas-fonds de l'UMP - Episode 2: la récidive

Valérie Rosso-Debord, qui s'était déjà illustrée pendant les drames de Toulouse et Montauban, vient de récidiver.
Elle a déclaré hier (accusé même) que Najat Vallaud-Belkacem appartenait au Conseil de la communauté marocaine de l’étranger, une instance ayant selon elle "pour but de renforcer l'identité marocaine des Marocains de l'étranger, d'émettre des avis sur leur éducation religieuse (en l'occurrence musulmane)": 

"Même si le Maroc est un pays ami, cela est un peu ennuyeux qu'une élue républicaine appartienne à ce Conseil (...) En effet, Mme Vallaud-Belkacem est prompte à s'indigner quand l'UMP parle d'identité nationale mais elle est prête à défendre l'identité marocaine" (source).
Premièrement, en ce qui me concerne, je m'en fous.
Deuxièmement, il faudrait quand même rappeler à Valérie Rosso-Debord qu'elle dit (encore) n'importe quoi.
En effet, Najat Vallaud-Belkacem ne fait plus partie de ce conseil depuis 2011.
Et quand bien même ce serait encore le cas, je répète: on s'en fout.

Quand l'UMP n'a plus d'arguments de campagne - depuis un moment déjà - et que le 2nd tour se rapproche, elle se laisse emporter par une vague de merde.

vendredi 27 avril 2012

Après les IVG de confort du FN, l'abolition de la contraception pour les mineures de Sarkozy

Voilà ça y est.
On y est.

En matière de droits des femmes, on pensait avoir touché le fond avec les IVG de confort de Marine Le Pen.

C'était sans compter sur notre brave Président:
"Est-ce qu’on peut donner la pilule à une adolescente sans demander l’avis des parents ? Ça, c’est un débat, je ne dis pas que je détiens la vérité. Je pense que les parents doivent être associés d’une manière ou d’une autre. Et ça ferait tout drôle, me semble-t-il, aux parents d’apprendre que quelqu’un a donné la pilule à sa fille mineure [sic] sans avoir un dialogue avec les parents de cette jeune fille".
Et bien non, Nicolas Sarkozy, permettez-moi de vous dire que vous ne détenez pas la vérité.

Vous êtes à la rue.
L'histoire de leurs combats pour l'égalité.

L'histoire de leurs luttes pour disposer de leur corps comme bon leur semble.

Je sens déjà poindre la remarque du bon père de famille que vous êtes :
"Mais ce sont des mineures dont on parle"...

Oups pardon non, vous seriez plutôt du genre à dire: "m'enfin, j'parle de gosses là".

Mais c'est quoi une gosse?
C'est quoi une mineure?
Car en France, la majorité sexuelle, c'est 15 ans.
Autrement dit: demain pour Giulia.
La majorité civile prendrait donc le dessus sur la majorité sexuelle.
Enfin pour Nicolas Sarkozy, cela va sans dire.

Et il remet tranquillement en cause la loi de 2001 qui garantit l’accès libre à la contraception pour les jeunes de moins de 18 ans. C’est un recul grave en matière de droits des femmes à disposer de leur corps. Cela montre également le décalage entre Nicolas Sarkozy et la réalité de la vie des femmes aujourd’hui. (source)

La semaine dernière, je twittais que Marine Le Pen était une antiféministe rétrograde et dangereuse pour les droits des femmes.
Toute cette semaine, on a passé notre temps à savoir qui de l'UMP ou du FN inspirait l'autre.

Et bien, sur ce sujet très précis, la réciprocité ne fait aucun doute.

Et sinon, on en pense quoi à l'UMP des IVG de confort dénoncés par le FN?

Aura-t-on la réponse?

Un seul débat devrait suffire pour répondre à cette question. Pas besoin de 6 heures de direct en effet.

Quand Nicolas Sarkozy et l'UMP lâchent la rampe

6 jours.
  • 6 jours que l'entre-deux tours a commencé.
  • 6 jours que Nicolas Sarkozy a lâché la rampe.
  • 6 jours qu'il multiplie les envolées lyriques et les polémiques.
  • 6 jours que l'UMP bave, crache, vocifère des énormités.
Pour ma part, je pense qu'ils ont lâché la rampe depuis longtemps.
  • Depuis la racaille.
  • Depuis le kärsher.
  • Depuis le Fouquet's.
  • Depuis Christian Vanneste.
  • Depuis la théorie du genre.
  • Depuis le Salon de l'Agriculture.
Et depuis toutes ses promesses qu'il n'ont jamais tenues.

Cette semaine, on a eu droit  à la "Fête du Vrai Travail", qui s'est transformée hier soir en "Vraie Fête du Travail".
  • On a eu droit à "Le Pen est compatible avec la République".
  • On a eu droit à la fin de l'accès libre à la contraception pour les mineures.
  • On a eu droit à la comparaison de Valérie Trierweiler à un chien.
  • On a eu droit à 700 mosquées.
  • On a eu droit à Tariq Ramadan.
  • On a eu droit à "trop d'immigrés".
On a eu droit à du grand sarkozysme.
  • Du sarkozysme qui pue.
  • Du sarkozysme aux abois.
  • Vide.
  • Sans arguments.
  • Mais plein d'attaques et de polémiques.
Il nous reste 9 jours.
  • 9 jours pour résister à cette déferlante nauséabonde.
  • 9 jours pour persuader les derniers sceptiques.
  • 9 jours pour faire campagne.
Le Changement, c'est dans 9 jours.

mercredi 25 avril 2012

Salut à toi Droit de Vote des Etrangers!

Le Figaro a consacré sa Une au droit de vote des étrangers... 
Aurait-il pu en être autrement de la part de l'organe officiel de Nicolas Sarkozy?
Il faut bien trouver quelque chose à se mettre sous la dent.
Et à mettre sous les yeux de ses lecteurs.
  • Difficile d'évoquer les accointances FN-UMP sans fâcher la droite molle.
  • Difficile de parler du mépris de Nicolas Sarkozy pour le 1er mai sans évoquer le "vrai travail" et fâcher l'électorat ouvrier de droite.
  • Difficile de trouver un "vrai" sujet quoi.
Alors on charge François Hollande et son projet de droit de vote des étrangers.
Moi je suis POUR.
Mille fois POUR.
Je suis POUR:
  • que mes voisin-e-s qui vivent ici depuis 10 ans,
  • qui ne vont dans leur pays d'origine que pendant les rares vacances qu'ils-elles ont,
  • qui passent finalement 10 mois sur 12 en France,
  • qui sont souvent souvent installé-e-s dans la même ville depuis plusieurs années,
Je suis POUR qu'ils-elles aient le droit de voter aux élections locales.

Nicolas Sarkozy a peur.
Il a peur des piscines non mixtes et il a peur de la viande halal.
Ainsi déclarait-il dans le Figaro Magazine consacré à ses valeurs pour la France:
"Ce n’est vraiment pas le moment, avec tous les risques de montée du communautarisme. Le débat politique ne doit pas être communautarisé".
Ayez peur! Tremblez!

Finalement, c'est pas nouveau cette agitation de la peur et cette proximité idéologique avec l'exrtrême-droite. Bruno Mégret lui-même n'avait-il pas bâti ses campagnes autour de l'islamisation de la France?
Mais puisque Marine le Pen est d'accord et que Nicolas Sarkozy considère que le FN est compatible avec la République, pourquoi diantre s'encombrer du droit de vote des étrangers?
Sauf que Nicolas Sarkozy n'a pas toujours été contre...
  • "J’avoue ne pas être outrageusement choqué par la perspective de voir des étrangers, y compris non communautaires, voter pour les scrutins cantonaux et municipaux. À compter du moment où ils paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sur notre territoire depuis un temps minimum, par exemple de cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher de donner une appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien". (Libre, Robert Laffont, 2001)
  • "Je suis favorable au droit de vote aux élections municipales des étrangers résidant en France depuis plus de 10 ans, respectant nos lois, payant leurs impôts et ayant des papiers". (France 2, 25 octobre 2005)
  •  Le 24 avril 2008, lors d’une interview diffusée sur toutes les chaînes, il réaffirmait être "favorable au droit de vote de étrangers aux élections locales à titre intellectuel" mais il regrettait de ne pas "avoir de majorité pour le vote".
Nicolas Sarkozy n'a pas inventé le fil à couper le beurre. Ça ce n'est pas nouveau. Mais surtout, lorsqu'il défendait le droit de vote des étrangers, il s'inspirait directement d'un combat de longue date qui fait désormais consensus en France et dans de nombreux pays développés.
61% des Français se disent favorables à l’ouverture du droit de vote des étrangers aux élections locales.
C’est aussi une mesure de justice et de bon sens. Comme le soulignait Nicolas Sarkozy en 2001, à partir du moment où les étrangers paient des impôts, produisent des richesses, paient leurs loyers, leurs factures, tout en cotisant comme tous les Français, il est normal de leur accorder ce droit puisqu'ils remplissent les mêmes devoir que nous tous-tes.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales, c'est la République qui intègre et la société qui se rassemble.

François Hollande qui défend l'Europe souhaite, et c'est bien légitime, que la France rattrape son retard. Car en effet, cette mesure n'a rien de révolutionnaire puisque d'autres pays l'ont déjà adoptée:
  • Irlande: 1963
  • Suède: 1975
  • Pays-Bas: 1983
  • Danemark: 1981
Mais aussi la Belgique, le Luxembourg octroient le droit de vote aux élections locales aux étrangers qui résident sur leur territoire. Les Constitutions espagnole et portugaise prévoient que le droit de vote peut être accordé aux étrangers sous réserve de réciprocité. Le Royaume-Uni accorde le droit de vote aux élections locales aux ressortissants de tous les États membres du Commonwealth résidant sur son territoire, tandis qu'un État américain sur deux.

Je propose à Nicolas Sarkozy un petit voyage dans ces pays pour recenser les piscines non-mixtes et les cantines qui proposent de la viande halal à tous les repas.

En refusant cette mesure, Nicolas Sarkozy et l'UMP alimentent la stigmatisation et favorisent le communautarisme.
La droite divise, la gauche rassemble.
Ce qui pourrait passer pour du manichéisme de bas-étage n'est qu'un état de fait d'une évidence limpide.

Le droit de vote accordé aux étrangers fait coïncider droits et devoirs. Et c'est la moindre des choses dans une démocratie.

Enfin, je finirai ce billet en laissant parler le côté keupon qui sommeille en moi et en rendant un hommage appuyé aux Béruriers Noirs qui saluaient la diversité et la citoyenneté mondiale, il y a un moment déjà.

Salut à toi!


Et puis aussi, un dernier message de service à Nicolas Sarkozy:
Sait-il seulement que tous les étrangers qui résident en France ne sont pas QUE des gens consommant de la viande halal ou pratiquant la non-mixité dans leur vie quotidienne?

Les #droitsdesfemmes passent par la gauche avec #FH2012

150 féministes ont lancé mercredi une campagne de mobilisation en vue du 2nd tour du 6 mai.
Les droits des femmes passent par la gauche, estiment-elles, à juste titre.
Évidemment, j'ai signé l'appel.
Et vous aussi, vous pouvez le signer ICI.
Je peux donc dire "JE" ou "NOUS" j'imagine.

Donc, nous appelons à voter François Hollande car la gauche au pouvoir "est une condition importante de l'égalité entre les femmes et les hommes".

Le texte est visible, lisible, accessible, twittable et facebookable sur le site de Libé.
Parmi les signataires:
  • Caroline de Haas, fondatrice d'Osez le féminisme 
  • Françoise Picq, 40 ans du MLF
  • Martine Storti, 40 ans du MLF
  • Laure Adler, écrivaine
  • Sylviane Agacinsky, chercheur
  • Christine Bard, historienne
  • Christian Baudelot, sociologue 
  • Zabou Breitman, comédienne et cinéaste
  • Gisèle Halimi, avocate
  • Philippe Torreton, commédien
  • Aline Royer, militante féministe
  • Axel Kahn, généticien, universitaire
  • Françoise Héritier, anthropologue 
Le texte salue notamment la promesse de François Hollande, s'il est élu, de rétablir un ministère du droit des femmes.
Il s'agit de l'Engagement 25

 Je défendrai l'égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les femmes et les hommes. une loi sanctionnera les entreprises qui ne respectent pas cette règle, notamment par la suppression des exonérations de cotisations sociales. Un ministère des droits des femmes veillera à son application effective.


Caroline de Haas souligne notamment que la volonté de François Hollande
"de lutter contre la précarité pour revaloriser les métiers dits +féminins+ et d'instaurer un forfait contraception pour les mineures sont également des points déterminants" et "la bataille pour faire reculer les oppressions et les stéréotypes sera rude, y compris si la gauche gagne"


mardi 24 avril 2012

Du rififi à l'UMP


Alors que tout le monde se demande ce que vont devenir les voix FN du 1er tour, comment les interpréter et quelles conclusions en tirer, pendant ce temps-là à l'UMP, on se dispute aussi... Mais en interne.
Alain Juppé s'est dit prêt à tout faire pour éviter une explosion de l'UMP en cas de défaite du chef de l’État.

Dire tout haut ce qu'on pense tout bas dans le parti majoritaire est plutôt mal vu.

Et Papa Sarkozy veille au grain en rappelant à l'ordre Alain, le fiston qui ferait mieux de se "concentrer sur le 2nd tour".
Considérant que l'avenir de l'UMP est "exactement dans ce qui n'intéresse nullement les Français", Nicolas Sarkozy recadre Alain Juppé qui avait déclaré qu'il était prêt "à tout faire pour que l'UMP garde sa cohésion, parce que reconstituer, pardon de dire les choses un peu brutalement, le RPR et l'UDF, c'est dix ans d'échec pour ce qui serait alors l'opposition".

Mais ça Nicolas Sarkozy s'en fout... comme pas mal d'autres choses d'ailleurs:

"Ce qui compte, c'est pas l'avenir de Nicolas Sarkozy, encore moins l'avenir de l'UMP, ce qui compte c'est l'avenir du pays, où voulons-nous aller, nous, les Français", a insisté le président et candidat de l'UMP, qui a assuré regarder "ce deuxième tour avec confiance".

Ailleurs dans la grande famille UMP, c'est Chantal Jouanno qui se fait remettre en place par François Fillon.
Celle-ci a déclaré que face à la montée du FN, la réponse n'était pas "dans la droitisation" et qu'elle voterait PS en cas de duel PS/FN aux législatives.

Sacrebleu! Est-elle devenue folle?

François Fillon a donc immédiatement réagi:
"Il faut refuser de se placer dans une hypothèse de défaite et refuser toute question sur l'après (...) Ces propos de Chantal Jouanno sont stupides et contre-productifs".

L'UMP est-elle dans le déni?

Le score de Nicolas Sarkozy, battu au 1er tour - résultat inédit depuis plus de 30 ans - pose légitimement la question de l'avenir de l'UMP d'une part, et de celle de la droite dans son ensemble d'autre part.
Quant on se rappelle que l'UMP désignait initialement l'Union pour la Majorité Présidentielle, il est évident qu'en cas de défaite, ces questions sont légitimes.
D'autant plus que Nicolas Sarkozy, l'a affirmé: s'il perd, il arrête la politique.
Les propos de Chantal Jouanno et d'Alain Juppé n'ont donc rien de choquant.

L'UMP est-elle dans la défaite?
Alors les paris sont ouverts. Le match de l'après-présidentielle entre Alain Juppé,  François Fillon et Jean-François Copé a d'ores et déjà commencé.
Ce dernier se projette même dans l'après-législatives en déclarant:
"Je vois bien les étapes à suivre. au lendemain des législatives, je vous proposerai un grand plan de mobilisation afin d'inviter chaque Français et chaque Française qui le souhaite à nous rejoindre, pour partir avec nous à la reconquête des territoires perdus en 2014".
Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo
Et sinon au FN, on en pense quoi?

Chirac cherchait des fions Pour servir la Nation "Nicolas? C'est parfait Il est un peu benêt".



Le 25 mars dernier, Mdame Michu, fervente défenseuse de Nicolas Sarkozy publiait sur son blog une ode satirique à François Hollande.
En retour, j'ai l'honneur de publier celle de Belinda Yom, que je remercie pour son aimable autorisation.



Chirac cherchait des fions
Pour servir la Nation
"Nicolas? C'est parfait
Il est un peu benêt".

Il fallait recaser
ce Dalton énervé
"C'est donc à l'Intérieur
qu'il lancera ses leurres"

Las! Plusieurs fois ministre
Il ne fit que sinistres
Les finances il ruina
La France il enflamma

Ayant donc mis le feu
Pompier se décréta
au kärcher arriva
montrant les gens de peu.

Un matin, se rasant,
il eût mieux fait de choir
C'est là dans son peignoir
qu'il se vit président.

Certes, il était petit
mais bien plus en son âme
Il pensait comme un âne
mais avait des amis

Des amis importants
et pas toujours honnêtes
et souvent méprisants
qui dînaient au Fouquet

Il divisa la France
désignant, insultant
Elle a bon dos la crise
Quand c'est les p'tits qu'on brise

" Africains sans Histoire"
Disait-il à Dakar
"Roms, rentrez chez vous
La France elle est à nous".

"Travaillez,  vous aurez"
se plut-il à répéter
devant la meute hébétée
à des chômeurs désespérés

Il ferma ses oreilles
Et parla comme on bêle
Plia genou d'vant Merkel
La France était bien frêle

Ne voulant rien lâcher
En orgueilleux qu'il est
Il se représenta
Et bien des gens berna

Il parlait comme un sot
eût parlé à des sourdes
Il criait fort et haut
mais ne disait que bourdes

Même les bien pensants
économistes, au guet
en un mot comme en cent
trouvaient qu'il divaguait

Que dire des acolytes?
Une bande de comiques,
D'ignares incompétents
Au service de l'Argent

le Dogme de la Finance
a affaibli la France
De nos poings, chassons -les!
Debout, et entendez!

Qu'il nous faut inventer
un avenir meilleur
sans argent tout puissant
sans genou déployé

La France est grande et louable
quand elle est rassemblée
l'épreuve est acceptable
quand on est écoutés

Et bientôt grâce à nous
ils seront du passé
Et bientôt grâce à tous
l'espoir enfin renaît
Belinda Yom, le 23 avril 2012

Quand Nicolas Sarkozy réécrit l'histoire ouvrière et syndicale


Ce matin, Yann publiait un billet bien senti sur l'ignorance dramatique de Nicolas Sarkozy en matière d'histoire du 1er mai.
Hier, Jegoun dénonçait lui aussi les propos tenus par Nicolas Sarkozy en prévision de la Fête du Travail.
Aujourd'hui, moi aussi j'hallucine et moi aussi je vais citer Nicolas Sarkozy:
"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que, quand on ne travaille pas, on puisse gagner plus que quand on travaille".
Et encore une fois, je prends la mesure des lacunes de Nicolas Sarkozy sur l'histoire - pas seulement du 1er mai - mais de l'histoire ouvrière, et celle des syndicats.
  • Celle qui s'est construite depuis la Révolution Industrielle.
  • Celle qui a été rendue possible grâce à la Loi Waldeck-Rousseau de 1884.
  • Celle qui est jalonnée de manifestations, de revendications et de grèves pour faire valoir les droits des ouvriers face à des patrons toujours plus avides de pouvoir et d'argent.
Le XIXe siècle, le début du XXe siècle.
Pendant près d'un siècle, les ouvriers se sont battus pour leurs droits tout en travaillant dans des conditions lamentables.

2nde moitié du XXe siècle.
Les ouvriers deviennent une force politique.

Début du XXIe siècle.
Nicolas Sarkozy les méprise.
Quand ils viennent à lui depuis Florange, il les accueille avec des CRS.
Quand il évoque les syndicats, il les accuse d'être trop politisés et de ne pas servir dignement les intérêts des salarié-e-s qu'ils représentent.

Nicolas Sarkozy est un menteur.
Un ignorant.
Un révisionniste qui réécrit à sa sauce l'histoire ouvrière et syndicale.
Mais Nicolas Sarkozy s'en fout.
La récupération politique à outrance c'est son truc.
Alors une de plus ou une de moins, quelle importance?
Le Front National a récupéré Jeanne d'Arc.
Nicolas Sarkozy va récupérer le 1er mai.
Le 1er mai n'est pas seulement une journée revendicative, c'est aussi - et c'est bien là un facteur important de son attrait - l'appropriation jubilatoire d'un espace inconnu, la reprise symbolique d'un droit. D'ailleurs, la sortie des foules dans la rue outrepasse le sens politique que les organisateurs veulent donner à la journée. [...] Le 1er mai est un jeu réciproque entre entre des buts manifestement politiques et une diffusion populaire qui laisse une grande place à la spontanéité. (1)
Alors?
Non: le parti socialiste n'a pas privatisé le 1er mai...
Mais quand on lit et quand on entend les propos de Nicolas Sarkozy, on ne peut que mesurer l'ampleur de sa méconnaissance historique de la Fête du Travail.
Et oui: on est en droit de se demander quelle est la légitimité de Nicolas Sarkozy à vouloir célébrer le "vrai travail".
Et puisque le brave homme semble fâché avec les livres d'histoire, je lui propose de jeter un œil à ces images qui lui parleront peut-être davantage que les mémoires écrits des ouvriers et des ouvrières.







































































Source: citation (1) et iconographie.
RODRIGUEZ Miguel, Le 1er mai, Paris, Julliard, Collection "Archives", 1990.

Et puis tiens! Remember...

1er mai historique par Rive-gauche