vendredi 5 avril 2013

Il court, il court le SIDA #Sidaction

Sidaction
La "Génération Sida". Tout le monde connaît cette expression. Elle est sordide.

Je suis née à la fin des années 70. Je n'appartiens donc pas à cette génération mais j'ai grandi avec.

Pendant que je jouais aux billes ou à la déli-délo dans la cour de mon école primaire, la Génération Sida affrontait de plein fouet le HIV.

Ce matin, j'ai vu un micro-trottoir dans La Matinale de Canal +. Affligeant.  
Ils interrogeaient des jeunes gens d'une vingtaine d'années, disons 25. Tous, sans exception, répondaient un truc dans le genre:
"Le SIDA est derrière nous"
"C'était la génération d'avant"
"Non, je n'utilise pas de capote, mais je fais attention. Et puis je mets pas la vie des autres en danger... Enfin si... Enfin non mais... euh..." (silence gêné). 
Le Président du Sidaction, Pierre Bergé (je vais m'attirer les foudres de Pierre, mon contradicteur attitré) dont je ne partage pas toutes les positions et à qui il arrive de dire pas mal de conneries, vient de proposer de mettre en place la distribution gratuite de préservatifs dans les collèges.
  • Tollé du côté de la PEEP (association de parents d'élèves).
  • Scepticisme chez les professionnels de santé scolaire qui craignent des bombes à eau dans les cours de récré. 
  • Incompréhension chez les premiers concernés. Les élèves de 5ème par exemple ne comprennent pas bien et pensent que c'est exagéré.
Personnellement, je suis pour. Je préfère qu'ils en aient à leur disposition, même si c'est pour en faire des bombes à eau. On peut imaginer que 2 ans plus tard, ils s'en serviront à bon escient.

On peut aussi réserver leur distribution aux élèves de 4ème ou de 3ème.
Et puis il faut arrêter de prendre les (pré)ados pour des cons. Nombre d'entre eux font des concours, double décimètre à la main. 
Nombre d'entre eux aussi découvrent la chose sexuelle en matant des films érotiques de bonne heure quand ce n'est pas carrément des films pornos.
Tu sais? Ces films où tout le monde est épilé, où les femmes ont des gros seins et ou personne ne met de capote? 
Voilà. Rien que pour ça je suis pour.

Pour que les d'jeuns comprennent que dans la vraie vie, on fait pas n'importe quoi, n'importe comment, n'importe où.    

Et puis jusqu'à preuve du contraire, je n'ai pas été traumatisée et je ne suis pas non plus devenue une grosse nympho depuis le jour où un camion de prévention sanitaire s'est garé dans la cour de mon collège pour assister à un séance d'information sur le SIDA.
Bah oui!
Pierre Bergé n'a rien inventé.

Ça devait être 1991 un truc comme ça. J'étais en 4ème.
Et on a eu le droit à la totale: c'est quoi une capote, comment ça marche, comment ça s'enfile... etc.
On en a même eu chacun une à glisser dans notre portefeuille.

Quelques années plus tôt, en 1987, j'avais donc à peine 10 ans, ce clip-là passait à la TV. Et je m'en souviens tellement bien que c'est comme si c'était hier:



Et sinon, je t'encourage aussi à aller lire le billet fort instructif de Hielena sur le SIDA et la bipolarité.

Et inutile de te dire que le résultat de ce sondage posté par Europe 1 est tout aussi affligeant que le micro-trottoir de Canal + ce matin.

Sondage Europe 1 sur la distribution de préservatifs au collège 

14 commentaires:

  1. Vous allez encore dire que j'ai un esprit déplorable, mais l'expression « le sida est derrière nous », ne laisse pas de me mettre en joie !

    Et, pour paraphraser Talleyrand, le vieux croûton que je suis déclare : « Qui n'a pas connu les années où l'on pouvait s'enculer à la va-vite et sans arrière-pensée ne sait pas ce qu'est la douceur de vivre. »

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    1. Je savais que cette expression ferait son petit effet.

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  2. Et vous n'êtes même pas une grosse nympho ?

    Décidément, on n'aura jamais que des déceptions, avec cette enfant !

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  3. 10ans en 1987 ... Moi, je passais le bac ... et le ratais au ratrap.
    :)

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  4. Je me suis beaucoup penché sur les questions du HIV et de la sexualité. Je pense qu'on a dévalorisé la sexualité respectueuse, laissé les viscontins nous désinformer sur les risques, attisé les peurs irrationnelles.
    On voit bien la réaction du PEEP : ils s'imaginent tout de suite à la sexualité porno alors que souvent on commence par des sentiments et des ressentis émotionnels. Et quand le ressenti accompagne un désir sexuel dans le respect c'est formidable, contrairement à une sexualité dite de négation sentimentale qui est dictée par des stéréotypes.
    Bon, je ne dis pas que c'est mal de faire taktak sans s'encombrer des sentiments, mais ce doit se faire dans le respect des deux partenaires.
    Et la capote en est une preuve de respect : on se protège comme on protège l'autre. on respecte l'intégrité de la santé et de l'estime de soi.

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    1. Mika, je me demande si vous être totalement à la masse, ou au contraire l'humoriste le plus doué de sa génération.

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    2. je ne sais pas. Sûrement aucun des deux. Pour avoir fait des actions lors de la journée du Sida, discuté avec des gens venus se renseigner, parler avec des gens venus se faire dépister, rencontré des virologues et des groupes de parole, je peux te dire que c'est une question toujours d'actualité. Les gens sont rarement bien informés. Pour preuve, le nombre de gens qui viennent se renseigner lors de cette journée et la période Sidaction.

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    3. En dehors du fait que le sida ne m'intéresse pas, j'aimerais quand même bien savoir ce qui vous autorise à me tutoyer.

      Mais je suis très content que vous ayez pu rencontrer des "groupes de paroles". On néglige généralement trop l'importance des groupes de parole. Les groupes de parole sont évidemment la meilleure arme contre tel ou tel virus, c'est l'évidence.

      Continuez.

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    4. Ben ! Élodie ! Depuis quand vous avez activé la "modération" ? Cela dit, vous avez raison, je pense… Ç a nous permettra d'échapper au moins aux délire de la Stéphanie.

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    5. Elle est activée pour les anciens billets. Et celui-ci a un an!

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    6. Ah, merdum ! je n'avais pas vu qu'on causait, d'avant votre puberté ! Ça va, sinon ? Vous supportez que votre corps se transforme ?

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