mardi 30 avril 2013

Point Godwin ou pas Point Godwin?

On a franchi un cap dans la connerie pour les Municipales à Paris.

Franck Margain, candidat chrétien démocrate pour la primaire UMP a tweeté ce truc:

Franck Margain vs Anne Hidalgo

Il se défend sur le site du Lab de "taxer Anne Hidalgo de nazisme".
On peu rigoler une première fois.

Puis il se justifie:
"Je ne la taxe pas du tout de nazisme, mais je la trouve trop offensive.Je la trouve un petit peu... Si vous voulez... Offensive, la jeune femme. Je trouve que 'combat', c'est un peu douteux".
On notera au passage le dédaigneux, "offensive la jeune femme".

Cet ignare pense que le mot "combat" est douteux. C'est clair que si pour lui, l'expression  "mon combat" ne lui évoque que Mein Kampf, on peut s'interroger.
On peut même douter. C'est "douteux" pour reprendre son tweet.

Personnellement, je ne vois pas bien où est le problème dans le titre qu'a choisi Anne Hidalgo pour son bouquin.
C'est le tweet de Franck Margain le problème.

Quel besoin avait-il de comparer le bouquin d'Anne Hidalgo à celui d'Adolf Hitler? 
Et le voilà qui nous explique que "la politique c'est l'art de critiquer son adversaire".
Et là, on pourra rigoler une seconde fois.

Car à mon modeste niveau, j'ose imaginer que la politique ce n'est pas que l'art de critiquer l'adversaire, mais l'art de se mettre au service de son pays ou de sa ville par exemple.
Faire de la politique n'empêche pas de rester digne dans l'attaque me semble-t-il.

Mais à part ça, qu'on se rassure: point de Point Godwin pour Franck Margain qui assume ce tweet.   
   
Anne Hidalgo, mon combat pour Paris

lundi 29 avril 2013

29 avril 1945: les femmes votent pour la 1ère fois

29 avril 1945: vote des femmes
Aujourd'hui, c'est aussi l'anniversaire de la libération du camp de Dachau. A lire chez Melclalex.

Union Nationale de la connerie

Union Nationale
Nicolas Dupont-Aignan est épatant.
A l'échelle locale, on ne le voit pas beaucoup, mais sur le plan national, on l'entend.

Il braille et il dit pas mal de conneries.
Mais il n'est pas le seul, loin s'en faut.

Ce week-end, le JDD a pondu un sondage dont lui seul a le secret: 78% des Français seraient favorables à un gouvernement d'union nationale.
Nombre de mes camarades en ont parlé.

Quand j'ai eu vent des résultats de ce sondage, je me suis d'abord dit que c'était du grand n'importe quoi.
Et puis quand j'ai vu ce que les sondés avaient répondu quand on leur demandait qui ils voulaient voir entrer au gouvernement, je me suis détendue.

C'est François Bayrou himself qui a eu cette brillante idée d'un gouvernement d'union nationale. Lui qui n'est plus grand chose sur le plan politique. Lui qui a fait 9,13% au 1er tour de l'élection présidentielle aimerait bien revenir au 1er plan.
Quitte a passer par la fenêtre.

Donc dans cette liste, on trouve:
  • François Bayrou: 47%
  • Martine Aubry: 37%
  • Louis Gallois: 34%
  • Bertrand Delanoë: 33%
  • Claude Bartolone: 29%
  • Ségolène Royal: 27%    
Ce serait donc une union nationale de gauche? Si on excepte la présence de François Bayrou en pole position.
Bref.

Suite à ce sondage, chacun y est allé de sa petite déclaration. Et Nicolas Dupont-Aignan a lâché ça: 
"Vichy, c'était un gouvernement d'union nationale! Il rassemblait tous les collabos. Alors on peut faire un gouvernement d'union nationale avec tous les incompétents et les incapables qui ont gouverné la France depuis 20 ans." (source)
Je ne sais pas trop comment interpréter cette sortie. Soit il considère que l'union nationale est une mauvaise chose (comme ce fut le cas pour Vichy), soit il considère que nos dirigeants depuis 20 ans ne valent pas mieux que ceux de Vichy.
Dans les 2 cas, la comparaison est un peu limite. 

Se raccrochant aux branches comme il peut, Nicolas Dupont-Aignan, gaulliste devant l'éternel, fait ensuite référence au Conseil National de la Résistance: 
"Parce que on peut faire un autre gouvernement d'union nationale, celui du Conseil national de la Résistance. Un gouvernement d'union nationale pour changer de politique. [...] Mais si c'est pour remettre les incompétents qu'on a depuis 20 ans et qui à tour de rôle gouvernent la France, je crois que les Français n'en veulent pas, et surtout pas moi."
Ça tombe bien, moi non plus j'en veux pas de cette union nationale qui ne mettrait au pouvoir, si l'on en croit Nicolas Dupont-Aignan, que des politiques qui n'auraient jamais gouverné.  Surtout que, quand on connaît le gus qui, à maintes reprises, a fait des appel du pied au FN, on se demande qui il verrait bien dans cette union nationale.
Lui qui a été à tour de rôle proche de Charles Pasqua et de Philippe De Villiers.

Et puisque Nicolas Dupont-Aignan semble amateur d'histoire, avec un grand H, rappelons-lui que les gouvernements d'union nationale n'ont de sens que dans des circonstances exceptionnelles.

Prenons l'exemple de l'Italie: son Parlement n'a ni une majorité de droite ni une majorité de gauche. Elle n'avait donc pas trop le choix. Il fallait bien qu'elle ratisse large pour constituer son Gouvernement.
Jusqu'à preuve du contraire, ce n'est pas le cas en France.

Si nous étions en guerre, ça aurait aussi du sens. Ce fut le cas pendant la Première Guerre mondiale, puis pendant la Seconde avec le GPRF de De Gaulle.
Jusqu'à preuve du contraire, nous ne sommes pas en guerre.
Mais peut-être ai-je loupé quelque chose.

Si nous avions élu François Hollande le 6 mai dernier, et que nous avions majoritairement voté à droite en juin, ça aurait aussi été envisageable.
Mais là non plus, ce n'est pas le cas. 

Et vu les désaccords majeurs entre la gauche et la droite en France, un gouvernement d'union nationale serait synonyme de bordel organisé.
Et si je puis me permettre, c'est déjà suffisamment le bordel à gauche, ce n'est pas la peine d'en rajouter.

Bref. Ce sondage ne sert à rien.
Et les déclarations de Nicolas Dupont-Aignan ne servent à rien non plus.

Mais c'est souvent le cas.

Rien de neuf sous le soleil, donc. 

samedi 27 avril 2013

Nadine Morano bégaie sur Twitter

4 tweets.
4 bégaiements.
Et 4 fois la même photo pour dire la même chose.

Voilà ce que Nadine Morano a tweeté hier:

Nadine Morano Manuel Valls Toul
Comme je suis curieuse, j'ai cliqué sur chacun des liens de chacuns des tweets. Et je suis tombée sur ça.
A chaque fois.


Enfin, j'exagère car sur l'une d'elles, on aperçoit quelques bagnoles sur la gauche. Grosse nuance quoi.

Mais sinon sur le fond, Nadine Morano nous sert du "peur sur la ville", Manuel Valls qui tremble...etc. Perso, je ne suis pas choquée par toute cette armada lorsqu'un Ministre de l'Intérieur se déplace mais bon. 

Qu'il soit de gauche ou de droite, quand le n°2 du Gouvernement est en déplacement en province, je l'imagine mal le faire à vélo ou à pied avec seulement 2-3 gardes du corps.

"Foi de ministre" comme elle dit, Toul n'avait jamais connu ça. Je ne sais pas trop ce que ça vaut une "foi de ministre" quand on n'est plus ministre. 

Je doute fort que les déplacements de Claude Guéant ou Nicolas Sarkozy, lorsqu'ils étaient Ministre de l'Intérieur, se soient passés autrement.

Mais peut-être me goure-je.
Et peut-être Nadine Morano a-t-elle raison.

En tous cas, elle n'a toujours pas compris comment on se sert de Twitter    

vendredi 26 avril 2013

Jean-Luc Mélenchon: des paroles et... des paroles

Jean-Luc Mélenchon
Hier, je suis tombée par hasard sur Des paroles et des Actes avec Jean-Luc Mélenchon. Je ne comptais pas particulièrement regarder mais comme d'hab, j'ai scotché.

Et Jean-Luc Mélenchon m'a agacée.

J'ai eu de la sympathie pour JLM pendant la campagne présidentielle. Je l'avoue, j'assume. Je ne fais pas partie de celles et ceux qui lui ont tapé dessus dès les premières heures de la campagne.
J'ai aimé son franc parler, j'ai aimé certaines des mesures de son programme. Je ne te dirai pas lesquelles car je ne m'en souviens plus, mais je sais que sur le moment, je me disais:
"Putain il a raison."
Oui. Je dis beaucoup putain mais ne t'offusque pas. Je le dis comme on dirait "euh" ou "bah".
Mais après tout, si je me fie aux paroles de JLM hier soir, les gens de gauche sont des brutes qui parlent "dru et cru".
Ouais.
Sauf qu'ici c'est mon blog et que j'y fais ce que je veux. Si j'étais une responsable politique, j'imagine que - même de gauche - je saurais faire gaffe à mon langage.

Parce que justement, ça fait partie des trucs qui m'ont agacée hier. 

Quand François Langlet est arrivé en plateau pour sa tranche de débat avec JLM, à un moment, il s'est carrément mangé du:
"Non non non! Attendez Langlet!"
Le Monsieur Graphiques Powerpoint de France 2 ne s'est pas débiné et a poliment demandé à JLM de lui servir du "Monsieur Langlet" en échange du "Monsieur Mélenchon".
Ça semble tellement évident que ça me fait drôle de l'écrire.

Et c'est là que JLM, ironisant, lui a expliqué que les gens de gauche étaient un peu brutes.

Bah voyons.

Donc dorénavant, en bonne gauchiste qui se respecte, j'appellerai tout le monde par leur nom de famille, direct, sans me prendre le chou ni leur servir du Monsieur ou du Madame.
Bon.

Mais revenons au fond des paroles et pas à leur forme.

En tout début d'émission, il a été demandé à JLM:
"Imaginons que demain vous soyez Premier Ministre, quelle serait votre première décision à Matignon?"
Et voilà les réponses de JLM:
"Ouhlà là là là... Il faut faire beaucoup de choses. [...] Mais dans la vie ça se passe pas comme ça. On prend pas une décision, on en prend 4. Parce qu'il faut sauter.
Première décision: rassure les nôtres. Donc déjà on passe tout, à toute vitesse: sur le licenciement boursier, on commence la répression de tous ceux qui ont truandé dans la finance. On prend des mesures comme ça: pour rassurer. Pour créer une ambiance, on peut mettre un moratoire sur la dette. Histoire de créer une ambiance de travail avec la finance internationale. Après, on va parler aux Allemands. Et on va leur parler du statut de la BCE. [...]
Voilà les mesures.
Et puis après on commence tout de suite à donner de la respiration au pays. Des sous. De la tune. [...] Je commence tout de suite par titulariser tous ceux qui sont en situation de précarité dans la fonction publique. [...] Ensuite, immédiatement, on prend des décisions pour interdire le fait qu'il n'y ait pas plus de 5% de précaires dans les grandes entreprises, pas plus de 10% dans les petites. Ça veut dire des millions de gens qui, en quelques heures, tout d'un coup, ont un avenir. [...] Et après, on y va. On convoque la constituante." (vers 17'00)
A toute vitesse donc. Vitesse grand V. Mélenchon en mode TGV. Seul contre tous. En quelques heures. Tout de suite. Tout d'un coup. 

Voilà ce qui m'a prodigieusement agacée. Qui peut décemment croire qu'en quelques heures, tout ceci est réalisable? Pourquoi en fait-il autant? Des caisses. Il en fait des caisses.
Et le titre de l'émission prend alors tout son sens.

On peut être d'accord avec ses  paroles... Mais on doute sérieusement de ses actes. Enfin moi je doute. Et pas qu'un peu.

Et puis après, on a eu ça: 
"Nous allons d'abord aller voir nos 27 collègues. Et la BCE doit changer de statut. D'accord? Elle doit prêter directement aux états. [...] Le miracle est le suivant: nous sommes la France, 2ème économie du continent. Nous avons la bombe nucléaire. Pas pour la jeter la bombe nucléaire militaire. Nous avons la bombe nucléaire. Si vous voulez pas m'entendre, je paye plus. Il y a 1880 milliards de dette française. On paye plus. Le monde entier s'écroule". (à partir de 51'48).
Voilà.
Et 5 minutes plus tard, Jacques Attali débarquait en plateau.
C'était trop pour moi. 


J'ai zappé.

J'ai regardé Men in Black.    

jeudi 25 avril 2013

Où on reparle du non-cumul des mandats #adcPS

Ateliers du Changement Evry
Hier soir, j'ai participé aux Ateliers du Changement à Évry (d'où la présence de ce hashtag barbare à la fin du titre de ce billet).
Davantage par curiosité que pour contribuer au sens propre.
J'étais là en spectatrice pour m'imprégner du ressenti des gens.
Les gens: vous, nous, toi, moi.

Parce que si les Ateliers du Changement sont organisés par le PS, ils sont ouverts à tout le monde. Pas besoin d'être encarté pour participer à la sauterie.

Tout le monde peut prendre la parole, qu'on soit de gauche, de droite, apolitique.
J'ai d'ailleurs pas mal discuté avec des gens qui ont voté pour François Hollande mais qui n'ont pas toujours voté à gauche.
J'ai aussi papoté avec d'autres qui n'ont tout simplement pas voté parce que cette campagne présidentielle les a soulés.
Bref.

La 1ère partie de l'Atelier consiste en une séance plénière.
  1. Visionnage d'un micro-trottoir où des Français s'expriment sur la politique
  2. Des prises de parole et des questions individuelles  
  3. Les réponses d'Harlem Désir    
La 2ème partie est constituée d'ateliers à proprement parler. Organisés autour de 3 grands thèmes:
  1. La France dans le monde
  2. Renouveler la vie démocratique
  3. Faire réussir la France
J'ai choisi de participer au 2ème atelier.
Et bien: que ce soit en séance plénière ou dans mon atelier, je n'ai pas réussi à compter le nombre de personnes qui a évoqué le non-cumul des mandats.
Une militante, particulièrement remontée, a pris la parole à ce sujet. Elle a été copieusement applaudie, y compris par des élus cumulards.
A l'heure où on nous rebat les oreilles avec la moralisation de la vie politique, il me semble que le non-cumul des mandats comme solution parmi tant d'autres, se pose là.
Car de la moralisation de la vie politique au renouvellement de la vie démocratique, il n'y a qu'un pas et vice-versa.
Que des députés ne puissent pas exercer des métiers comme avocat d'affaires par exemple, ça tombe sous le sens. Enfin c'est mon avis.
Mais je ne vois pas pourquoi on leur permettrait de cumuler des mandats.
J'ai du mal à comprendre comment le maire d'une ville de 30 000 habitants peut faire correctement son taf si en plus il est député et président d'une interco. 
Si tu suis un peu ce blog, tu sauras que je parle de Nicolas Dupont-Aignan.
Et je pose le problème dans l'autre sens. J'ai du mal à comprendre comment un député peut faire correctement son taf, s'il est maire et président d'Interco.
Et bien c'est simple, il le fait mal.
Dupont-Aignan mauvais élève à l'Assembée
Parce qu'il est maire de Yerres, Nicolas Dupont-Aignan n'a cumulé (tu apprécieras le jeu de mots) que 19 semaines de présence à l'Assemblée sur 10 mois.
Il se classe donc parmi les 150 derniers mauvais élèves de l'Assemblée.
Et parce qu'il est député, Nicolas Dupont-Aignan n'est pas souvent à Yerres, ne reçoit que très rarement les Yerrois, et vit les 3/4 du temps à Paris. 
Et je ne te parle pas de l'Interco.
Le 1er de la classe c'est le socialiste Jean-Paul Chanteguet, lui aussi cumulard puisqu'il est maire de Le Blanc, dans l'Indre, une commune de 7 000 habitants. Mais, alors qu'il est sensé vivre en province (enfin j'imagine), il a été deux fois plus présent que Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée.
Donc je continue à douter du bien fondé du cumul des mandats.
NDA fait partie de ceux qui soutiennent que pour faire correctement son job à échelle locale, c'est important d'être député. Sauf qu'à échelle locale, on le voit pas beaucoup le Nicolas. Par contre, il écrit. Il écrit beaucoup. Des tracts aberrants, un journal de Bisounours...
En fait, on peut dire qu'il est maire par correspondance. Mais il s'en fout puisqu'il clamait haut et fort il y quelques mois qu'il était fier d'être un cumulard.
François Hollande avait promis pendant sa campagne qu'il mettrait un terme au cumul des mandats. On en a beaucoup parlé. On a signé des pétitions. Ça a buzzé un long moment sur internet. Et puis plus rien.
On nous a dit que les Français s'en foutaient, mais vu ce que j'ai entendu hier soir, je pense pouvoir affirmer qu'ils ne s'en foutent pas. 
On était nombreux à espérer que la loi serait effective pour les élections municipales de 2014. Mais le Conseil Constitutionnel a préconisé un report de la loi pour 2017:
"Cela afin d'éviter une censure du Conseil constitutionnel qui pourrait voir d'un mauvais œil la modification d'un mandat exécutif en cours, au non de la règle de non-rétroactivité de la loi".  (source)
D'autres craignent que si la loi passe avant 2017, on assiste à une vague de démissions à l'Assemblée, ce qui reviendrait à une mini-dissolution. Mais, sauf erreur de ma part, les députés concernés n'ont-ils pas des suppléants dont le job est précisément de les remplacer?

On pourrait aussi contraindre les sénateurs et députés qui cumulent un mandat de maire à ne pas se représenter en 2014. On procèderait ainsi à une 1ère vague de renouvellement de la scène politique. Une première étape dans l'écrémage.

On pourrait aussi limiter le cumul des mandats en fonction de la démographie des villes concernées.
  • Yerres: 30 000 habitants. (NDA)
  • Meaux: 50 000 habitants. (Jean-François Copé)
  • Dijon: 152 000 habitants. (François Rebsamen)
  • Longjumeau: 22 000 habitants. (NKM)
Je me dis que, raisonnablement, quand on est maire d'une ville de plus de 10 000 habitants, c'est mort. On fait son job de maire et basta. Si tant est que "maire" soit un job. Mais c'est un autre débat.

Enfin pas tant que ça finalement. Parce qu'à force de cumuler, la politique finit par occuper toutes leurs journées. Et du coup, la politique devient un métier à part entière.

Et moi le cumul, ça me gave. Pour plein de raisons. Et crois-moi si tu veux, on est nombreux à penser la même chose.

Et pourtant... Quand cette militante a interpelé Harlem Désir sur ce sujet hier soir, il n'a pas répondu. Sans doute pour éviter un nouveau "couac"...


Et pourtant, je dois reconnaître, pour une fois, qu'il a été plutôt brillant hier soir.

mercredi 24 avril 2013

Le jour d'après

J'espère sincèrement que ce billet sera le dernier parlant exclusivement du mariage pour tous.
Voire l'avant-dernier après sa validation par le Conseil Constitutionnel.


Jean-Louis Debré, Président du CC, l'a lui-même confirmé il y a plusieurs semaines de cela:
"C'est donc aux élus de la Nation de dire quelle forme ils veulent donner au mariage, (...) c'est de leur responsabilité. [...] Ce n'est pas de la compétence du Conseil constitutionnel et c'est la même jurisprudence que celle appliquée en 1975". (source
Pour rappel, en 1975, le Conseil constitutionnel avait validé la loi légalisant l'interruption volontaire de grossesse, selon la même procédure que cette loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.

Guy Carcassonne lui aussi a rappelé que cette loi était d'ordre législatif et non pas constitutionnel. Donc, la procédure va suivre son cours. son cours démocratique, comme c'est le cas depuis le début. Et basta.
 
L’Assemblée Nationale s’est donc prononcée hier par un vote solennel pour l’adoption définitive du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.

Après promulgation, la France devientdra le 9e pays européen et le 14e pays au monde à autoriser le mariage homosexuel.

Mariage homosexuel dans le monde
Source. Bleu foncé: le mariage et l'adoption légalisés. Bleu clair: le mariage légalisé, mais pas l'adoption. Gris: le mariage légalisé dans une partie du territoire seulement

Sur 566 votants et 556 suffrages exprimés, il y a eu 331 votes pour (dont Henri Guaino, je ne me lasse pas de le rappeler) et 225 votes contre (dont mon brave maire Nicolas Dupont-Aignan... Je me demande s'il boycottera les mariages homos à Yerres ou pas).

Avec ce vote solennel de la loi, le débat public est terminé.
Game over.

Après plus de 170 heures de débats depuis le mois de janvier, ce texte permet enfin aux couples homosexuels:
"au-delà de l’union libre et du pacte civil de solidarité, de construire un projet conjugal et un projet parental. C’est un texte généreux, d’égalité, qui ouvre une grande et belle institution républicaine à certains de nos concitoyens dont la citoyenneté n’était pas pleinement reconnue [...]. La loi votée aujourd’hui permet de répondre à un engagement fort du président de la République, c’est un texte historique dans l’histoire de notre République: il ouvre des droits nouveaux, s’élève résolument contre les discriminations". (Christiane Taubira, hier.) 
Ce matin, François Hollande a pris la parole après le Conseil des Ministres. J'aime bien cette nouvelle mode depuis la semaine dernière que le Président de la République s'exprime personnellement:
"Cette réforme élargit les droits des homosexuels sans rien enlever à personne. [...] Elle va dans le sens des évolutions de notre société [qui en sera] fière dans les prochains jours ou plus tard. [C'est une étape vers] plus de liberté, plus d'égalité: les principes qui fondent notre République". (source)
Et il a appelé à l'apaisement et au respect.
 
Il va maintenant falloir expliquer par A+B aux antis que c'est fini. C'est plié. Ils ont "perdu".

Mais perdu quoi au juste?
Rien. 

Ils ont été entendus, ils ont squatté les plateaux TV jour et nuit. Au moins autant que les députés qui squattaient l'Assemblée.

Mais ils n'ont rien perdu.
Ils n'ont perdu aucun droit.

Le méchant (et mythique) "lobby" gay n'ira pas leur prendre leurs enfants pour les faire rôtir en place publique.
La méchante conspiration LGBT n'ira pas saboté les mariages hétéro.

Et dans quelques années, tous les mioches trainés de force dans la manif de leurs parents seront peut-être soulagés s'ils sont homosexuels, de pouvoir se marier comme les autres, comme leurs parents qui 15 ans plus tôt voulaient préserver la leur sacro-sainte famille et la leur civilisation.

Move on.

Le Mariage pour tous en chiffres
Source
 

mardi 23 avril 2013

Le jour où la France a légalisé le mariage pour tous

Mariage pour tous
Ce matin, j'ai reçu ce message d'une amie:
"Juste pour te dire merci. Je suis tellement accablée par toute cette haine et cette violence...
Ma fille de 5 ans pleurait ce matin parce que sa meilleure amie est allée manifester dimanche avec ses parents à la manif pour tous.
On en bave tous et toutes en ce moment. Tu as entendu à Caen? Ils sont allés manifester devant le mémorial.... A vomir...
Non vraiment.... c'est rude.
Donc les vieilles copines qui se battent pour nos droits... bah ça fait chaud au cœur."
Une vieille copine oui, c'est le mot. Je la connais depuis que j'ai 9 ans je crois.

Je n'ai pas d'enfants. Je ne mesure donc pas l'ampleur des dommages que peuvent causer ce genre de "débat" dans la tête d'une enfant.
J'ai mis "débat" entre guillemets car j'ose imaginer qu'on n'en est pas là avec des enfants de 5 ans.
  • Sauf quand une enfant de 5 ans est traînée dans une pseudo manif qui s'essouffle un dimanche de printemps.
  • Sauf quand une enfant de 5 ans entend toutes sortes de slogans, parfois homophobes, parfois religieux, parfois les deux.
  • Sauf quand cette enfant est la meilleure amie d'une petite qui a deux mamans, un petit frère, qui est aimée, entourée, choyée et qui a été voulue et attendue.
Jean-François Copé parle de revenir sur cette loi si la droite revient au pouvoir en 2017.
Il va faire quoi Jean-François Copé?
  • Il va "démarier" les homos?
  • Il va retirer la garde de leurs enfants aux couples homoparentaux?
  • Il va amender la loi jusqu'à la rendre inapplicable?
Et Christine Boutin, elle va faire quoi Christine Boutin en attendant un improbable messie qui reviendrait au pouvoir en 2017?
  • Elle va saboter les mariages homosexuels?
Et les facho? Ils vont faire quoi les fachos?
  • Ils vont "casser du pédé" à la sortie des mairies?
Tournez la page messieurs dames, passez à autre chose.

La loi est adoptée à l'heure où je rédige ce billet. Tout le monde sait qu'elle sera validée par le Conseil Constitutionnel.
Même Henri Guaino reconnaît - c'est pour dire - que cette loin sera impossible à abroger ou à amender si la droite revenait un jour.  
Bah oui. On dirait que les députés ont bien fait leur boulot. On dirait que Christiane Taubira, Dominique Bertinotti et Erwann Binet ont élaboré une loi qui tient la route.

Alors lâchez l'affaire.
Remballez vos affiches et vos T-shirts, payez quelques jours de congés à Frigide Barjot, Alain Escada et Christine Boutin.
Et allez de l'avant bordel!

Ces débats n'ont que trop duré. Ils nous auront tout fait. Des veillées mystiques, des déclarations la bouche pleine de patate chaude, des assimilations douteuses, des slogans dégueulasses.

On aura tout eu: zoophilie, polygamie, inceste, pédophilie, trouple.

Pendant des mois, des dizaines de milliers de personnes dans notre pays ont été montrées du doigt, insultées, quand elles ne se sont pas fait casser la gueule par des trépanés homophobes qui ont le coup de tête balayette facile.
Certaines se sont même senties trahies parce que de droite et représentées par des élus qui n'ont condamné que très mollement les débordements et les violences homophobes.
  • On a eu des Marie-Chantal vociférant et dénonçant des relations "contre naturaaaan".
  • On a vu des Anne-Joséphine fort inquiètes pour leur progéniture qu'elle ne manquerait pas d'envoyer en thérapie si celle-ci avait le malheur d'être homosexuelle.
  • On a vu des religieux extrémistes prier dans les rues, occuper les parvis de l'Assemblée Nationale et du Sénat.
  • On a entendu des gens d'un autre temps dire qu'il n'y avait pas eu d'augmentation des agressions homophobes et qu'une agression homophobe n'est pas plus grave qu'un vol à l'arrachée.
  • On a entendu des gentils Duquesnoy dire que l'homosexualité était une maladie, une tare.
  • On a aussi eu le droit à des pères de famille affirmant haut et fort que l'homosexualité est un choix et que quand on choisit de vivre comme un dépravé, il faut en assumer les conséquences: on est marginal, c'est comme ça, point barre.
La rétrospective de ces débats est lamentable.
Celles et ceux qui avaient des doutes, qui émettaient des réserves, qui n'étaient pas pour mais qui ne savaient pas trop pourquoi, ont été étouffés par des "portes-parole" moisis, violents, parfois cinglés, parfois les trois.
Bref. Voilà: c'est un grand jour.
Mais je vous laisse le meilleur pour la fin:
Henri Guaino vote POUR