dimanche 29 septembre 2013

Problématique municipale #Yerres

Si tu viens ici souvent, tu n'es pas sans savoir que je suis engagée auprès d'Alain Bétant pour les élections municipales de 2014.
Et ça se passe dans la bourgade de Yerres, près de 30 000 habitants au compteur.
Bourgade qui est aux mains de Nicolas Dupont-Aignan depuis 17 ans.

Quand il a été élu la première fois, je n'avais pas encore le droit de vote et je ne vivais pas à Yerres. J'y suis arrivée en 1997.
Et par la suite, je n'ai jamais voté pour lui. Ce serait très prétentieux de ma part de te dire que je n'ai pas voté pour lui parce que j'étais engagée, parce que je n'adhérais pas à ses idées politiques ou que sais-je encore.

Non.

Je n'ai pas voté pour lui parce que sa politique locale ne me plaisait déjà pas. Gauche ou droite, quel qu'ait été son parti à cette époque (parce que faut suivre ses différents engagements RPR, de Villiers, Pasqua...), je n'ai pas voté pour lui:
  • des candélabres en veux-tu en voilà,
  • des fleurs à ne plus savoir qu'en faire,
  • des ronds-points,
  • des jets d'eau en mode Grandes Eaux versaillaises,
  • des jardinières qui sèchent sitôt le 20 juin arrivé,
  • des suspension florales qui décrépissent sitôt suspendues,
  • des pavés casse-gueule qu'il faut changer tout les ans,
  • des quotients familiaux dont même le plus bas place les loisirs au rayon des produits de luxe,
  • une cuisine centrale qui n'a de cuisine que le nom (je ne suis pourtant pas difficile),
  • une politique de l'apparat et du visible qui oublie tout ce qui ne se voit pas,
  • des impôts locaux toujours plus élevés, malgré ses promesses de campagne d'il y a 17 ans,
  • une politique culturelle qui exclut 1/3 de la population: les jeunes,
  • des propositions d'aménagements qui me laissent sans voix...
Bref, la liste est longue et je pourrais continuer comme ça longtemps. 

Et puis, au fil du temps, après avoir découvert le maire, j'ai découvert le cumulard puis le candidat aux Présidentielles.
Peu à peu, il a acquis sa petite notoriété qui fait que quand je dis aux gens où j'habite, ils répondent d'abord
"Ah? Connais pas..."
Puis quand je leur dit qui est mon maire, ça se précise et ils répondent:
"Ah! C'est moche"
Et je n'ai pas que des amis gauchistes... Loin de là.

Mais ici, à Yerres, dans ce microcosme endormi, quand on discute avec les gens, ils disent:
"C'est un bon maire."
Un bon maire de droite oui. Qui pratique une politique de droite. Un tellement bon maire de droite que 28% des Yerrois sont capables de voter pour lui aux Présidentielles. C'est surréaliste.

Aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan a forcément acquis une couverture médiatique.
Grand bien lui fasse.

Le problème, c'est qu'aujourd'hui, j'ai un peu honte de vivre à Yerres à cause de "mon" maire et de ses prises de position "nationales". Ajoutées à sa politique locale que je viens de résumer, ça fait beaucoup.
  • Mardi dernier, j'ai assisté à une conférence sur la "théorie du genre" dans une salle municipale. J'en ai fait un billet. Tu peux aller lire. Nicolas Dupont-Aignan n'était pas là, mais il était représenté par son directeur de la communication qui l'a excusé.
  • Aujourd'hui, je viens d'apprendre que la guest star de son prochain meeting serait Frigide Barjot.
  • Hier, il fricotait avec l'extrême droite européenne.
  • La semaine dernière, Florian Philippot déclarait dans L'Express que le programme de Nicolas Dupont-Aignan était identique à 99,5% à celui du FN.
Pendant les campagnes municipales, on entend souvent dire qu'on vote davantage pour un homme que pour un parti. Que les Yerrois ne soient pas tous des militants de Debout la République, ça je veux bien le croire.

Mais si on vote pour un homme, je m'interroge sur le degré de tolérance qu'on peut avoir.


Vraiment.

mercredi 25 septembre 2013

J'ai infiltré la Manif Pour Tous

Et je n'ai pas vomi.
Mais j'aurais pu.
Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi, lisez ce billet
Il y avait un policier municipal à l'entrée. Je me suis dit que le député-maire devait donc être présent.
Non. Pas d'édile à l'horizon mais sont directeur de com qui a "excusé Nicolas Dupont-Aignan" et qui nous a souhaité une "de passer un bon moment avec cette conférence qui s'annonce passionnante".

Conférence - je le rappelle - organisée par La Manif Pour Tous du 91.200 personnes à vue de nez.

Passionnante, je ne sais pas. Ça dépend pour qui. Mais mystique et endoctrinante, sans aucun doute.

Donc, le thème était "La théorie du genre, quel danger pour nos enfants?".

Donc la salle était pleine de papas et de mamans on ne ment pas aux enfants, des papis, des mamies, et des croix autour des cous. Avec un titre de conférence aussi racoleur, on comprend la flippe des parents.

Notre théologien philosophe a commencé par nous expliquer que la "théorie du genre" serait enseignée dès la maternelle. Ce qui est faux.
  1. Parce que la théorie du genre n'existe pas. Mais admettons.
  2. Parce que si elle existait telle qu'il la définit, cela voudrait dire qu'on va faire lire Judith Butler et Simone de Beauvoir à des enfants de 4 ans. Normal.
Dès le début, le brave homme a associé genre et sexe biologique. Ce qui est faux là aussi, puisque le genre, tel que les gender studies le définissent, c'est la construction sociale des sexes ou pour faire très très très court, le sexe social.
En toute logique, il nous a donc expliqué que les hommes et les femmes étaient deux genres différents et que ces deux genres étaient voués à produire de la génération.
Et la production de la génération, c'est la Genèse. Bah oui. 
Très rapidement, Bertrand Vergely est monté dans les tours:
"Demain, un nouveau monde va naître".
"Demain, il sera interdit de dire que la distinction entre hommes et femmes est naturelle".
Là encore, on nage en plein délire puisque les défenseurs des gender studies n'ont jamais dit ça. Les gender studies ne nient pas les différences sexuelles biologiques mais elles défendent le droit à une autre construction sociale des sexes. 
"On ne distinguera plus les hommes et les femmes parce qu'ils pourront choisir leur sexualité. Du jamais vu dans l'histoire humaine!"
Malheur! On ira au magasin de sexe et on s'achètera une verge, des bourses ou un vagin. Le supermarché des organes sexuels, c'est maintenant!

Pour Vergely, tout ça c'est la faute du féminisme qui s'est radicalisé. Ceci dit, il est un peu plus soft que les militants de la Manif Pour Tous qui affirment dans la brochure qu'ils nous ont filée, que c'est la faute des féministes radicales et du lobby LGBT.

Donc, c'est la faute des féministes radicales comme Simone de Beauvoir dans les années 60 qui a déclaré "On ne naît pas femme, on le devient".
Note de service: Le Deuxième Sexe a été écrit en 1949. Mais c'est un détail de l'histoire.

Et c'est à cause de Simone de Beauvoir qu'un "deuxième décrochage" s'est produit dans le féminisme, celui de l'ultra radicalisation qui affirme que:
"Pour libérer la femme, il faut la sortir des stéréotypes en mettant un terme aux distinction hommes-femmes".
Horreur! On va transformer les hommes en femmes et les femmes en hommes.

Le féminisme n'est donc qu'une sombre doctrine qui vise à supprimer les notions d'hommes et de femmes, les notions de masculin et de féminin.
Si tu suis l'actu sur ce blog, tu sais que c'est faux, mais comme ce billet va déjà être très long,  je te laisse farfouiller en cliquant sur le tag "genre".
Ensuite, il s'en est pris à Judith Butler et Michel Foucault. Logique.

Il a affirmé que le féminisme radical allait faire disparaître les femmes.
"Un système de prothèses sera mis en place pour permettre à tout le monde de changer de sexe quand bon lui semblera".
"C'est un lobby économique qui vise à faire du profit en vendant des nouveaux produits. On vendra de la sexuation et la maintenance et le service après-vente qui va avec."
Ceci dit, c'est pas con, ça relancera la croissance. François H., si tu lis ce billet, agis bordel!
"C'est aussi un lobby scientifique car désormais les scientifique vont fabriquer des nouveaux sexes."
Et attention, cerise sur le gâteau moisi:
"Le monde de demain sera un monde transsexuel"
Et soudain, un monsieur pas tout jeune éructe dans l'Assemblée:
"Et la nature! La nature! Elle existe la nature! Et les hommes! Et les femmes! Ils ont des fonctions les hommes! Elles ont des fonctions les femmes!"
Applaudissements massifs. Limite standing ovation... 
Réponse de Vergely:
"Je suis venu vous aider. Ce qui se passe est extrêmement grave!"
Youpi, le Messie est dans la place!

Puis on continue sur le féminisme radical qui est anti humaniste. On va tous mourir, c'est l'Apocalypse.

Vergely a ensuite fait allusion à Liliane Taubira... Non, je n'ai pas fait d'erreur, c'est ce qu'il a dit. Je ne sais pas s'il pensait à Mémé Zinzin quand il a dit ça. Bref. L'approximation, c'est maintenant.

Il a également fait allusion au film Le Baiser de la Lune. C'est un film d'animation qui raconte l'histoire d'un poisson-lune garçon qui tombe amoureux d'un autre poisson-lune garçon. Vergely s'est insurgé:
"Comment peut-on dire à un enfant: "tu vois? Tu peux embrasser un garçon si tu es un garçon, ce n'est pas grave, il n'y a pas de mal?" C'est dangereux. Tout ceci est le discours du délire!"
"Tout ceci est très dangereux et ne vise qu'une seule chose: introduire le modèle transsexuel à l'intérieur des écoles."
En quelques secondes, le mariage pour tous est devenu le mariage pour TOUT. Entre deux reniflements et raclements de gorge, Vergely éructait.

Au bout de 3/4 d'heure, on a atteint le Point Godwin. Vergely nous a expliqué qu'en anéantissant les identités, on procédait exactement de la même manière que les nazis avec les déportés dans les camps.

Auditoire âgé. Auditoire ému. Signe de croix à ma droite.
"Comment osez-vous parler de sexualité sans parler d'amour?"  (Vergely)
"Comment, dans un même gouvernement, peut-il y avoir un Ministère de l’Écologie qui défend la Nature et un Ministère qui défend le Mariage Pour Tous qui détruit la Nature?" (Vergely)
Pour résumer, notre théologien nous a rappelé les fondements de l'Humanité: le couple, la sexualité, l'amour, et le corps relèvent du Sacré, de Dieu, source ineffable de vie, essence même de l'homme et de la femme.

Amen.
"L'homme pénètre. La femme est pénétrée. C'est aussi ça la nature, l'ultra-profondeur. La sexualité, ce n'est pas ce qu'on veut quand on veut. C'est le principe de la création du monde, ce n'est pas un objet de consommation. Il y a une vocation de l'homme et une vocation de la femme."
"Quand on est une femme, on a et on doit avoir un corps de femme, un sexe de femme, une responsabilité à l'intérieur de son ventre."
"Nous les hommes, nos organes génitaux donnent du plaisir à la femme et donne la vie. C'est magnifique".
Applaudissements hystériques.

Attention. Deuxième pépite:
"Écoute ce que ton sexe a à te dire sur ta vocation."
Et pour conclure:
"On va mener un combat. La guerre du Genre a commencé."
Applaudissements nourris.

Je me sauve. Je suis sonnée, j'ai mal à la tête. Et je flippe.

Non pas du genre comme "danger pour nos enfants", mais de ces gens sectaires, limite endoctrinés et endoctrinants qui vont mener un combat pour faire rentrer ces conneries-là dans la tête de nos enfants. 

Leurs conneries d'un autre âge.

Sinon, le chômage a baissé, c'est autrement plus gai que les discours des trépanés de la Manif Pour Tous.

[EDIT du 14/10/13: Yogi vient de m'informer que cette conférence est désormais en ligne. Le moment où jamais de me prouver par A+B que j'ai déformé les propos de Monsieur Vergely]

mardi 24 septembre 2013

Bang Bang: Doligé et Gaudin ou le dérapage organisé

kalachnikov
J'ai déjà lourdement critiqué nombre de déclarations, nombre de politiques, des gens que je trouve cons comme des valises mais sans jamais dire qu'ils le sont.

J'ai déjà souhaité bien des choses: la prison pour Nicolas Sarkozy, le bâillon pour Nadine Morano, le renvoi d'untel ou unetelle du précédent gouvernement.

J'ai même critiqué des gens de gauche, rendez-vous compte!

Mais même quand je suis complètement bourrée et que je tiens des propos quadridimensionnels, je sais tenir ma langue.
Jamais je n'ai souhaité que l'un de tous ceux que j'ai vertement critiqué crève.

Jamais je ne me suis imaginé en vengeuse masquée, kalachnikov sous le bras pour aller dérouiller Machin ou Truc.

Et même quand je suis en mode "Café du Commerce".
C'est dire.
Mais je ne fais pas politique.
Je ne suis pas une femme politique.
Alors finalement, je pourrais bien me le permettre. Je ne risquerais rien. Çà ne sortirait pas dans la presse.  Ça ne sortirait pas sur le web. Ça n'irait pas au-delà de mon salon.
Oui mais voilà.
Il y en a qui s'en foutent.
Et qui disent n'importe quoi.
Et qui font de la politique. Et qui sont la politique.

Moi je dois vous dire que j'ai un instinct meurtrier en ce moment. Je suis comme la plupart des citoyens, moi je ne supporte plus Hollande et sa bande!
"Je peux donner les kalachnikovs!"
Être dans l'opposition ne donne pas tous les droits. On ne s'oppose pas n'importe comment. L'UMP fait et dit n'importe quoi. Elle laisse dire et faire n'importe quoi.

Après avoir eu la droite la plus bête du monde, on a maintenant l'opposition la plus indigne du monde.

Gloire.

Ou pas. 

dimanche 22 septembre 2013

Ce que le Sénat a adopté en faveur de l'égalité femmes-hommes

Je vais peut-être l'imprimer et le distribuer mercredi prochain...


La menace de la théorie du genre

Tremblez les mioches, la théorie du genre va vous tuer. Tremblez parents, la théorie du genre va anéantir vos enfants.
Tel est le sous-titre que les trépanés de la Manif Pour Tous de l'Essonne auraient pu ajouter sur cette affiche:


Donc, le 25 septembre, dans ma bourgade de Yerres, parfois appelée "village" dans la bouche de Nicolas Dupont-Aignan (30 000 habitants), le collectif de la Manif Pour Tous du 91 débarque dans une salle municipale pour nous mettre en garde, nous, pauvres brebis égarées, contre la théorie du genre.

Cette menace pour l'humanité et la civilisation qui n'a pour seul objectif que d'effacer le sexe des petites filles et des petits garçons, de transformer les filles en garçons et les garçons en filles, voire carrément de gommer toutes les différences sexuelles.

Voilà ce qu'on peut lire ou entendre de la part d'ignares qui n'ont rien compris à l'usage du genre dans la construction de rapports plus égalitaires entre filles et garçons, entre femmes et hommes.

Donc, sans appel, cette conférence s'intitule "La théorie du genre, quelle menace pour nos enfants?"
Intriguée par ce message apocalyptique, je me suis demandé à qui reviendrait l'honneur d'animer cette petite sauterie.

Bertrand Vergely.
Inconnu au bataillon.

Je me suis donc rendue sur Wikipédia pour apprivoiser le loustic.
  • Philosophe et théologien orthodoxe.
  • Enseignant à l'Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge ainsi qu'en classes prépas.
  • Auteur chez Atlantico.
J'imagine donc que ce brave homme est quelque peu de droite et quelque peu croyant et pratiquant.

L'institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge dépend de l'Archevêché des Églises orthodoxes russes en Europe occidentale, juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople.
Du coup, je serais curieuse de connaître les opinions de Bertrand Vergely en matière de répression de l'homosexualité en Russie. C'est une question qui se pose dès lors que la Manif Pour Tous n'a eu de cesse ces derniers mois de nous faire croire que ses membres n'étaient pas homophobes...

Mais revenons au genre puisque c'est ce dont il sera question mercredi prochain à Yerres. Christian Vergely fait partie de ceux qui n'ont rien compris puisqu'en juin dernier sur Atlantico, il déclarait ceci au sujet de la loi:
" Prônant en apparence la tolérance pour tous afin de plaire à la foule, son but est en réalité de déconstruire la différence sexuée afin de produire une nouvelle humanité."
Matraquer ce genre de conneries est encore plus "menaçant" ou "dangereux" -  pour reprendre la sémantique chère à la Manif Pour Tous - que permettre à deux personnes du même sexe de se marier.

En affirmant que "le mariage est fait pour faire la vie", Christian Vergely affiche au grand jour son décalage spatio-temporel avec la réalité de la société, à savoir qu'au 21ème siècle, on ne se marie plus uniquement pour faire des enfants. On se marie parce qu'on s'aime, on se marie pour des raisons fiscales, on se marie pour que la personne qu'on aime ne se retrouve pas sans rien s'il arrive nous arrive quelque chose. Et accessoirement, on peut aussi se marier pour avoir des enfants, mais pas que.

Je serai dans la salle le 25 septembre. Juste par curiosité malsaine. Juste pour voir. Et pour mesurer de visu l'amplitude de la connerie humaine.

lundi 16 septembre 2013

Nicolas Dupont-Aignan et Robert d'Arc

Retour de vacances. Revue de blogs. Revue de presse.
Il se passe toujours plein de trucs quand je suis pas là.
Et parmi les nombreuses news dont je me suis enquises, il y a celle-ci:

 

J'ai d'abord cru à une grosse blague. Et puis je me suis souvenu que Nicolas Dupont-Aignan n'était pas vraiment un gai-luron et que ce n'était pas le genre de la Maison Debout la République de faire des blagues.  

Donc, Nicolas Dupont-Aignan soutient la candidature de Robert Ménard à Béziers, lui-même soutenu par le Front National... Mais sans étiquette.
Certes, on ne choisit pas ses soutiens. Mais tout de même. Se prétendre sans étiquette tout en acceptant et en revendiquant le soutien du FN, ça me laisse perplexe. Mais bon.

Ma première interrogation a été de me demander: "qu'est-ce qu'il en a à faire NDA de la candidature de Robert Ménard à Béziers?"
Et puis je me suis souvenu qu'en bon cumulard, maire, député, chef de parti ayant sillonné les routes de France tout l'été, soutenir un type aussi médiatique que Robert Ménard n'était pas dénué d'opportunisme, surtout pour un type qui a récolté 1,2% des voix aux dernières présidentielles, dont celle de Robert Ménard himself.
Après tout, le FN a bien le soutien de Jean Roucas, alors...
 
Donc, dans cette interview lisible sur le site de Midi Libre, on peut lire que Nicolas Dupont-Aignan n'est pas, n'a jamais été et ne sera jamais copain-copain avec le FN.
Il est gaulliste et puis c'est tout. Un gaulliste qui s'égare parfois souvent sur des chemins un peu bruns. Mais l'erreur est humaine paraît-il. Soyons indulgents.

Et n'étant pas à un égarement près, NDA  n'a pas hésité à comparer Robert Ménard à Jeanne d'Arc.
D'un point de vue physique, à priori la ressemblance n'est pas frappante, c'est le moins qu'on puisse dire. Quoique...


D'un point de vue idéologique, NDA rejette la référence à la Jeanne d'Arc récupérée par le FN pour en faire son égérie.
Du coup, il semblerait que Robert Ménard soit, telle Jeanne d'Arc, le sauveur de Béziers, le libérateur de Béziers, le redresseur de la ville.

Et comme Jeanne d'Arc qui a bouté les Anglais hors de France, Robert boutera les immigrés hors de Béziers.

Sans aucun doute, NDA a le sens de la formule. Mais l'histoire ne dit pas si Robert finira comme Jeanne...

Affaire à suivre donc.

Merci à GuillaumeTC qui a réalisé en direct live et en duplex ce CroisonsLes.
Et si tu ne connais pas GuillaumeTC, c'est par là que ça se passe:

Billet bouté depuis un iPhone.

dimanche 8 septembre 2013

À la semaine prochaine!

Bah oui. Je ne peux pas être partout à la fois.
Car je suis là, tout de suite maintenant:


Chez les Chouans.




mercredi 4 septembre 2013

Marine Le Pen, cette mytho

Hier matin, notre Marine nationale (pas celle avec le pompon sur le béret, un T-shirt moulant et des pec' apparents... Non: celle qui vomit sur les plateaux TV et qui divague parfois en se prenant pour Dalida), était invitée chez Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV. 

Si tu vis en orbite, je te situe le contexte: tous les matins entre 8 et 9, JJB passe un politique au grill. Sauf qu'hier, JJB il était mou du genou. C'est pas vraiment au grill qu'elle est passée Marine... Disons qu'elle est passée quoi. 


Et dans un élan de lyrisme, elle a déclaré ça:

"Mais 80% des Français sont contre une intervention en Syrie!"

Ah bon?
Merde, tant que ça? Moi je croyais que c'était genre 64% ou 59%... Un truc comme ça quoi.

En fait, les Français dont parle Marine Le Pen, ce sont les frontistes: militants, adhérents, sympathisants...

La France de Marine se résume donc aux 80% de sympathisants FN qui ont répondu au sondage du Figaro qu'ils étaient contre une intervention en Syrie. 



Ces braves gens sont devenus, dans la bouche de Marine Le Pen: "80% des Français".

Marine Le Pen est une mytho.

Et je soupçonne Jean-Jacques Bourdin d'avoir eu la gueule de bois hier matin.


Le Petit Journal (03/09/13)

Billet "mythonné" depuis un iPhone.

dimanche 1 septembre 2013

Syrie: on en est où? Qu'est-ce qu'on fout et où on va?

La Syrie prend beaucoup de place dans les blogs.
Normal.
On n'est pas tous d'accord.
Encore heureux.
Perso, je ne sais plus quoi en penser.

On est tous d'accord pour dire qu'on ne peut rester là à rien faire, spectateurs passifs de négociations immobiles et d'un compteur de victimes qui augmente chaque jour un peu plus.

Bachar El Assad était une star chez nous en 2008. Il se pavanait sous les Ray-Ban admiratives de notre ex-président et toute l'UMP applaudissait des deux mains, voire des deux pieds.

Sarko checkait Bachar sur le perron de l'Elysée en mode give me five yo c'est cool.

Aujourd'hui, tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut qu'il dégage.
Oui mais comment?
Et pour qui?
  • Nicolas Dupont-Aignan, 1,79% aux dernières élections présidentielles, expert stratégique, géopolitique et militaire, plaide pour un départ de Bachar El Assad "en douceur".
  • L'UMP, celle-là même qui cirait les Berlutti de Bachar en 2008, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, exigent aujourd'hui un vote de confiance à l'Assemblée. Jégoun explique par A + B que non, ça ne fonctionne pas comme ça, et je crois que je suis (encore) d'accord avec lui.
  • Le FN qui a tendance à voir dans chaque musulman un islamiste en puissance pense que si on intervient en Syrie, Bachar dégagera sans doute, mais laissera place à un régime encore pire.
On dit que François Hollande est mou du genou, qu'il obéit, tel un caniche, au doigt et à l’œil de Barack Obama comme le fit Tony Blair avec George Bush.
Sauf que tout le monde sait que le caniche est un chien con comme une valise qui n'obéit pas. Non parce qu'il est têtu. Non. Juste parce qu'il comprend que dalle.
Je crois que sur ce coup-là, Hollande n'est pas mou du genou. Par ailleurs, je ne pense pas qu'un président, quel qu'il soit, qui approuve ou suit un président américain, soit forcément son clebs.
Mais bon.

Donc aujourd'hui, on en est où? Qu'est-ce qu'on fout et où on va?

La France réclame depuis des semaines une intervention. La Russie et la Chine sont contre. On est kéblo. Et on attend. Et on compte les morts. Et on compte les exactions des deux camps. 
La guerre c'est mal. Ça tue des gens.
La pluie ça mouille.
La belle affaire!
Je crois que je me pose les mêmes questions.

Nicolas Dupont-Aignan propose qu'on négocie avec la Russie et l'Iran. Soyons fous! Négocions. 

Négocier quoi, ça, notre expert en géostratégie politique ne le dit pas. Mais allons serrer la pince de ces gentils dirigeants pacifistes et exemplaires, et négocions. Autour d'un bon bœuf bourguignon.

Et un copain s'interroge sur Facebook:
" Si j'ai bien compris si on est pour la guerre en Syrie on est un impérialiste et si on est contre on est munichois. Et si on n'en sait rien on fait comment ?"
Je crois que vais faire mienne cette question. Il fait référence aux propos d'Harlem Désir qui dénonce l'esprit munichois de l'opposition qui rechigne à appuyer François Hollande, davantage par principe que par conviction puisque Jean-François Copé soutenait les propos de François Hollande il y a encore quelques jours.

Pactiser avec l'ennemi, c'est ça l'esprit munichois.

Donc, je résume:
  • Tout le monde veut que Bachar dégage.
  • La Chine et la Russie sont en mode blocage depuis le début.
  • On en est à plus de 110 000 morts.
  • La guerre c'est mal.
Donc, qu'est-ce qu'on fout et où on va?

Si l'intervention française et américaine en Syrie est le seul moyen pour que cessent l’hécatombe et les horreurs et que - accessoirement - Bachar El Assad dégage, alors je suis pour la guerre et ça fait de moi une affreuse belliqueuse impérialiste.
Si le départ de Bachar El Assad doit laisser la porte ouverte à des connards d'Al Quaïda, alors y'a qu'à leur remettre un coup de semonce sur la tronche.
J'ai bon là? 

Plus sérieusement, comme le dit très justement Romain, si on ne devait invoquer qu'une seule raison pour intervenir en Syrie, ce serait celle-là:
"Rendre les armes chimiques inutilisables dans les conflits sur la planète. C’est la raison essentielle d’une intervention en Syrie."
Alors? On fait quoi?