mercredi 26 février 2014

Adidas, c'est la classe à Dallas #CM2014

Adidas c'est la classe.
Y'a pas à dire
.

Tout le monde sait que les coupes du monde de foot drainent dans leur sillage un business pas toujours très fair-play.
Idem pendant les JO d'ailleurs:
Expropriations, surexploitation, bordels, tourisme sexuel...
Tout est bon pour satisfaire l'ego des pays organisateurs et la mâlitude des sportifs virils.

À chaque événement sportif, ses produits dérivés, gadgets, fringues et tout le toutim.
Tout le monde a encore à l'esprit ces satanées vuvuzela en Afrique du Sud.
Bref.
Avec le Mondial au Brésil, Adidas s'est engouffré dans la brèche lui aussi. Normal.
Pour nous pondre ça:


C'est classe hein?

On notera que le T-Shirt de gauche est à priori conçu pour nous les gonzesses qui kiffons le Brésil. Pour nous les gonzesses, c'est quand même le must de la branchitude d'arborer une paire de fesses sur notre paire de nichons.
C'est fin. C'est chic. C'est progressiste. Bravo Adidas.

Quant au T-Shirt pour les hommes, les vrais, ceux qui en ont dans le pantalon, Adidas propose la version bimbo bombasse dont les formes plus que généreuses empêchent nos mâles viriles de se concentrer sur le score.
So chic again.

Ce n'est pas sans rappeler la pub Wonderbra d'il y a 20 ans avec Eva Herzigova. 
20 ans au moins. 


Sauf que c'était une pub pour un soutif. Mais bon.

Adidas, c'est la classe.

Mais les stylistes d'Adidas sont loin de faire l'unanimité. Ainsi, ces T-Shirts n'ont-ils été en vente que quelques jours aux Etats-Unis. 
Car très vite, face au tollé provoqué au Brésil qui dénonce un appel au tourisme sexuel, l'équipementier a du retirer de la vente les dits T-Shirts.

«Il est inadmissible qu'une multinationale de produits sportifs comme Adidas vende des tee-shirts avec des images et des phrases qui lient le Brésil au tourisme sexuel», a fustigé dans un communiqué la ministre brésilienne des Politiques pour les femmes, Eleonora Menicucci. Cette campagne «stimule la prédation sexuelle. Elle manque de respect à notre pays et l'agresse en reproduisant un imaginaire que nous nous efforçons sans relâche d'enterrer définitivement», a encore dénoncé la ministre.

Source: http://m.leparisien.fr/sports/football/coupe-du-monde/mondial-2014-des-t-shirts-adidas-juges-scandaleux-retires-de-la-vente-25-02-2014-3623951.php

Adidas à donc retiré de la vente ces 2 T-Shirts tout en se dédouanant (?) en affirmant que ceux-ci n'auraient été en vente qu'aux États-Unis.

Oui? Et donc?

Adidas c'est la classe. 


Billet made in Porte d'Aubervilliers et cousu à l'iPhone.

mardi 25 février 2014

Stages: enfin une loi digne de ce nom!

C'est marrant comme tout le monde (les médias, les politiques) s'en fout.
Parce que quand même, améliorer les conditions de travail des stagiaires dont le nombre a doublé en 10 ans, il était temps! Ils sont aujourd'hui 1,2 millions dont 840 000 étudiants. C'est pas rien quand même.


  • Hier ils étaient des milliers a être stagiaires un mois, puis deux, puis six, puis 11...
  • Hier ils étaient des milliers à se demander s'ils auraient une "récompense" à la fin de leur stage.
  • Hier ils étaient des milliers à abattre le boulot d'un salarié lambda, voire plus.
  • Hier ils étaient des milliers à être exploités par des patrons ravis de profiter de cette main-d'œuvre motivée, jeune, dynamique, "qui en veut", et qui coûte pas un rond.
Et bien demain, ce sera une autre chanson.

N'en déplaise à l'UMP qui, comme d'habitude, a pourri les débats par des dizaines d'amendements, tous rejetés les uns après les autres.
Quant à l'UDI, elle était aux abonnés absents de cet hémicycle qui comptait à peine une quinzaine de députés quand la loi a été adoptée.

Tout le monde s'en fout j'vous dis.
Mais moi, pour avoir été stagiaire un mois dans un grand quotidien national en septembre 2001, je dois dire que cette loi me ravit.
Même si je n'étais pas à plaindre et qu'en dépit d'une convention de stage qui stipulait que celui-ci ne donnerait lieu à aucune rémunération, je n'ai pas caché ma joie lorsque le directeur moustachu de la rédaction, est venu nous remettre une enveloppe avec un chèque de 150€.

Portée par la députée socialiste Chaynesse Khirouni, la loi adoptée hier prévoit:
  • la limitation du nombre de stagiaires par rapport aux effectifs d’une entreprise. Elle sera fixée par décret et devrait tourner autour de 10%. Proportion souvent pulvérisée comme l’a dénoncé à plusieurs reprises le collectif Génération Précaire.
  • la limitation de la durée des stages à 6 mois afin que les stages ne remplacent pas un job. Les missions de l'inspection du travail seront renforcées pour contrôler le respect de cette disposition (amendement FdG).
C'est là où je suis un peu perplexe dans le sens où les offres de CDD sur Pôle Emploi tournent toujours entre 4 et 8 mois... On est déjà dans la durée maximale d'un stage. Mais bon.
  • Obligation d’inscription des stagiaires dans le registre unique du personnel.
  • Protéger les droits des stagiaires en leur accordant des autorisations d’absence en cas de grossesse, de paternité ou d’adoption, des «protections concernant les durées maximales de présence et les jours de repos», ainsi qu’une exonération d’impôt pour les gratifications versées aux stagiaires. 
  • En cas d’interruption du stage, l’établissement d’enseignement supérieur de l’étudiant pourra valider le stage.
  • Interdiction que le temps de travail des stagiaires soit supérieur à celui des salariés. 
  • Interdiction de leur confier des tâches dangereuses.
  • Tickets resto et prise en charge des transports pour tous.
  • Gratification, toujours obligatoire pour les stages dépassant 2 mois, sera due dès le 1er jour de stage.
  • Réduction des délais à un mois pour que les prud’hommes se prononcent sur la requalification de certains stages en contrats de travail (amendement FdG).
Même le Front de Gauche a voté pour compte tenu de "mesures indiscutablement positives", a expliqué Jacqueline Fraysse, députée des Hauts-de-Seine.

Mais l'histoire ne dit pas si elle a été contrainte de se laver la bouche au savon ou si elle a été virée pour avoir dit du bien d'une loi socialiste.

Et l'UMP, notre brave UMP, de crier au loup en affirmant que ces mesures ne sont qu'un copié-collé du statut de stagiaire sur celui de salarié.
Ils sont cons ou ils son cons? 

Le salarié version UMP serait-il un précaire en CDD de 6 mois payé au lance-pierre?
Ils sont affligeants.

Eh Jégoun! T'as vu? Un billet politique!

Sources:


Billet stagiairisé depuis un iPhone

lundi 24 février 2014

4 jours à Amsterdam - 4 days in Amsterdam - 4 dagen in Amsterdam

Je viens de passer 4 jours à Amsterdam.
Partie de chez moi lundi dernier à 5h du mat.
Revenue jeudi à 21h.
C'est pour ça que c'était calme ici, tu vois.
Depuis jeudi, j'ai pas arrêté 1/2 seconde à cause de la campagne des Municipales.
Heureusement que je reprends le taf aujourd'hui, comme ça j'ai le temps d'écrire. Merci le RER.

Bref. Amsterdam, c'est une sacrée bourgade. Crois-moi.
 
C'est une "walking city" contrairement à Londres par exemple. Je dis ça parce qu'en 2011, quand je suis partie à Londres, on faisait les malins avec M., genre:
"Nan mais les transports à Londres, c'est vraiment trop cher, c'est abusé. On les prendra pas. On prendra notre temps mais on marchera."
T'as raison ouais. Au bout de 4h sur place, on achetait nos tickets de métro.

Alors qu'Amsterdam se traverse en long, en large et en travers, à pinces.
  • À condition d'avoir une boussole.
  • À condition d'avoir une carte de la ville.
  • À condition d'avoir de bonnes pompes.
Du coup, puisqu'on parle godasses, je vais répondre à P'tit Louis qui m'a taguée dans son dernier billet qui parle de pompes. Pour Amsterdam, j'avais chaussé mes Doc Marten's. Confortables, imperméables et chaudes. L'idéal pour crapahuter dans la Venise du Nord. 

Donc le lundi, après avoir fini notre nuit dans le Thalys. Confortable mais bruyant (rapport au jingle de 5 secondes qui précède les annonces en 3 ou 4 langues après chaque gare), nous débarquons frais comme des gardons à la Centraal Station d'Amsterdam (A).

Comme on savait que notre hôtel (C) était pas loin de la gare (Harlemstraat), on file se débarrasser de notre valoche.15 minutes plus tard, nous voilà délestés de l'objet, nous quittons notre hôtel Quentin Arrive et nous sommes lost in Amsterdam. À pieds mais sans plan de la ville.
Qu'importe. Nous marchons dans le dédale des canaux, des rues, des allées piétonnes, on tournicote et on trouve un café.

Attention, pas un coffeeshop hein. Un café. Un vrai. Comme chez nous.
Mais avec chaises en bois sur le trottoir et couverture en polaire à disposition. Classe.

Mais surtout: un bon café. Je ne le dirai qu'une seule fois: on en a bu plusieurs fois par jour pendant 4 jours, dans 10 cafés différents. Résultat: le café hollandais est bien meilleur que la café parisien. Voilà c'est dit. Et en plus, il est toujours accompagné d'un biscuit.
On continue notre marche. Et on fait une nouvelle pause.
Dans un coffeeshop cette fois-ci: le Blue Bird. Il existe depuis les années 80 si j'ai bien compris.

Les coffeeshops
Il y en a à tous les coins de rue. Et même plus. Ils se succèdent les uns après les autres dans certains quartiers. Quelques effluves s'en échappent jusque sur le trottoir, ça ajoute à l'ambiance des rues aux 3/4 piétonnes. Ils sont fréquentés par des jeunes, des hommes, des femmes, seuls ou accompagnés, mais aussi par des retraités comme le vieux monsieur à ma gauche au Blue Bird qui arrivait à rouler ses joints mais qui n'arrivait pas à déballer son spéculoos et à qui j'ai filé un coup de main. Il y a aussi pas mal de salariés qui y prennent leur pause entre midi et deux.

Les jours suivants, on a jeté notre dévolu sur le coffeeshop en bas de l'hôtel: le Dampkring (C). Moins loin. Plus pratique.
 
Quand on parle des coffeeshops ici en France, on s'imagine un repaire enfumé, avec des tox comateux qui scotchent le regard dans le vide telles des rascasses séchées au soleil.
Que nenni!
On en est très loin. Faut arrêter de fantasmer. Tu entres dans le coffee, tu consultes la carte des herbes et haschichs, on t'explique leur origine, leurs effets, leur maturation, leur prix. On te rappelle que c'est 5g maxi par personne, que c'est à consommer sur place, qu'on ne te servira pas d'alcool ici. À tel point que certains établissements sont des bars pendant la journée et deviennent des coffees le soir. On ne mélange pas les licences.
Donc tu fumes un joint ou deux sur place et tu te casses avec ce qui te reste. En même temps, tu bois un bon café ou tu sirotes un smoothie, grande spécialité hollandaise.

Tranquille Émile.

On reprend notre balade, appareil photo en action. Entre temps, on a dégotté un plan de la ville. On fait gaffe à pas se prendre un cycliste. Il y en a dans tous les sens. C'est le paradis des vélos, freestyle en circulation. Du coup quand t'es piéton, c'est un peu chaud il faut bien le dire.

En même temps : 750 000 habitants et 550 000 vélos, tu vois le tableau.

Quand ils sont pas en vélo, les Amstellodamois sont dans les tramways, les bus, les métros. Mais pas vraiment dans les bagnoles. C'est vraiment pas une ville pour les bagnoles. De toutes façons, à 5€ l'heure de stationnement, t'as vite fait d'enfourcher un vélo ou de grimper dans un tram. Surtout que les trams, ils rigolent pas. Ils vont hyper vite et t'emmènent de Centraal Station au Musée Van Gogh en un éclair. À 2,70€ le ticket valable une heure, on aurait tort de s'en priver.

Le Musée Van Gogh (G) vaut vraiment le détour. Tout y est. Les salles sont parfaitement agencées, quelques activités interactives permettent de mieux appréhender les œuvres. Et en plus, il n'y avait pas trop de monde. Il n'en manquait qu'une: Les Tournesols, partis en voyage aux États-Unis.

J'aurais voulu visiter la maison d'Anne Franck mais je dois avouer que les 2 heures de file d'attente ont eu raison de moi.

Du coup, moins culturel mais tout aussi hollandais, nous avons tenté l'Heineken Experience (F), un musée à la fois tradi et interactif sur l'empire Heineken.

Des premières pintes de bières en ferblanterie au sponsoring de la Champions'League, tout y passe. Avec 2 pauses binouzes pendant la visite, ce qui ne gâche rien. En même temps, c'est le moins qu'on puisse nous proposer parce que 17€ par tête, c'est pas donné. Mais ça vaut le coup. Et le musée est vraiment riche et très beau.

Comme on en avait plein les guiboles, on a revêtu nos plus belles panoplies de touristes de base et on a grimpé à bord d'un top off bus qui faisait le tour de la ville.

Un pass pour 24h, on monte où on veut, on descend où on veut selon un itinéraire évidemment touristique, de base. Avec écouteurs et traduction en français, c'est bien pratique et quand tu n'es là-bas que pour quelques jours, c'est idéal pour apprendre plein de trucs.
Je ne te dirai pas le prix car c'est M. qui m'a offert le package Thalys + hôtel + top off bus + ballade en bateau.

Ah oui, parce que quitte à être touriste à Amsterdam, autant prendre le bateau.

On a choisi de faire le tour en pleine nuit. Ça valait le coup. Avec ses 100 km de canaux, ses 1500 ponts, se promener à Amsterdam sur l'eau, c'est parfait, surtout pour apprécier à sa juste valeur l'architecture des maisons patriciennes toutes collées et unes aux autres.

Bon je sens que tu t'impatientes... Je te parle de la nuit et tu te dis:
"Mais quand est-ce qu'elle va nous parler du Quartier Rouge?"
Bah maintenant.
On avait fait le pari de ne pas le chercher mais de tomber dessus. Et donc on est tombés dessus. Deux rives le long d'un canal bordé de vitrines semblables à des boxes en verre derrière lesquels des femmes aux 3/4 dévêtues attendent les clients. C'est surprenant. Je ne saurais dire si ça m'a mise mal à l'aise ou si ça m'a interloquée. Un peu des deux sans doute.
Mais je crois que ce qui m'a le plus dérangée, ce sont les touristes qui font des photos et les keufs qui répètent à l'envi:
"No photo! No photo!"
Car les gens sont carrément au spectacle. C'est hallucinant.
Les portes des vitrines s'ouvrent et se ferment sans cesse. Les clients s'enchaînent. C'est le principe.
J'ai pas grand chose d'autre à te dire sur le Quartier Rouge. On s'est pas tapé les deux rives du canal. Faut pas pousser.

Ce qui est surprenant à Amsterdan c'est qu'il y a presque autant de coffeeshops que de sex-shops.

Et pas dans des quartiers réservés comme c'est un peu le cas à Paris. Tu peux trouver entre une épicerie et un boulanger un coffeeshop et 30 mètres plus loin entre un magasin de fringues et un tabac, un sex-shop avec gode-ceinture, cravache et bondage en vitrine. Tranquille.

Question bouffe, les Hollandais sont pas très forts.

Leur gastronomie c'est un peu un mix entre l'Angleterre et l'Allemagne. Du coup, c'est pas fameux, sauf si tu est amateur de hareng, d'édam et de spéculoos. Donc on n'a pas pris trop de risques. Par contre, question boulangerie et pâtisserie, là, y'a pas à tortiller, ils sont au top. Pour des pecan pie et des walnut pie, deux adresses à retenir:
  • Kuyt (Utrechtsestraat 109-111), le meilleur pâtissier hollandais depuis 2006 (E) 
  • Vlaamsch Broodhuys (B)
C'est bourratif mais, fichtre, c'est excellent!

Et sinon, on a dégotté un Pasta Bar vraiment pas cher et extra (D).

Bref, tu oublies ton régime pendant 4 jours.

Donc, à Anton qui se demandait ici ce que j'allais faire à Amsterdam en plein hiver, il a la réponse: passer du bon temps.

samedi 15 février 2014

Le Point, les femmes, les canons, les nichons

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin (rien à voir avec la choucroute... pour l'instant), Charlotte Chaffanjon, journaliste au Point a publié cet article: 
Manuel Valls, les raisons d'une chute
Le ministre de l'Intérieur s'effondre dans les sondages. Analyse de toutes les raisons qui font que l'ambitieux homme pressé s'essouffle déjà...
L'article a rencontré un certain succès. Tant mieux pour Le Point. Tant mieux pour Charlotte Chaffanjon.

Dans le même temps, Le Point a mis en place une espèce de chronique en mode webTV ainsi présentée:
"Très régulièrement, Le Point.fr invitera ses journalistes à répondre aux commentaires de ses lecteurs. Un dialogue nécessaire pour que vous appreniez à nous connaître et que nous apprenions à mieux répondre à vos interrogations. Le papier publié par notre reporter politique a provoqué un déluge de commentaires sévères pour le ministre de l'Intérieur. Pas un seul pour lui trouver des qualités. Analyse"
Rassure-toi, je ne vais pas te proposer une analyse du papier de Charlotte Chaffanjon, ni te dire ce que je pense de Manuel Valls, tu le sais déjà puisque tu viens ici tous les jours. Hein?

Donc, en cliquant ici, tu accèdes à la vidéo de 4 minutes dans laquelle Charlotte Chaffanjon répond aux questions de Frédéric Lewino, journaliste "scientifique" au dit journal depuis 1983.

Enjoy.


On appréciera la scénographie, le décor, le fond qui aurait mieux fait d'être vert, et pour couronner le tout, on appréciera surtout la mise en bouche:
"Depuis la création du Point, nous avons la chance d'avoir toujours eu des journalistes politiques femmes, non seulement excellentes, mais aussi des canons."
Voilà voilà...

Franchement, quel niveau... Quand on communique ainsi devant une caméra, on se dit que finalement, les journalistes hommes du Point ferait mieux de rester derrière un clavier.

Je plains Charlotte Chaffanjon est ses collègues femmes...

vendredi 14 février 2014

Genre, gender et Saint-Valentin

En ce jour de St-Valentin, j'aurais pu publier un billet doux.
J'aurais pu déclamer mon amour à mon cher et tendre.
J'aurais pu m'habiller en rose.
J'aurais pu...
Mais non. Parce que la St-Valentin, je trouve ça un peu con je dois bien l'avouer.

Et dans le contexte actuel où la droite n'a plus comme cheval de bataille que les études de genre, où le Printemps Français s'autoproclame censeur de la pensée pure, où Nadine Morano appelle aux autodafés des bouquins qu'elle juge transgressifs, j'avoue que mon humeur n'était pas trop aux cœurs en chocolat dégoulinant.

Surtout quand on voit ce que certains sont capables de produire à cette occasion.

Entre Sarkofrance qui reçoit des cadeaux misogynes et RMC qui se fend la gueule devant une femme qui en prend plein la tronche, le web a produit du lourd, c'est le moins qu'on puisse dire. 

Sinon, il y a deux jours, Najat Vallaud Belkacem a réaffirmé son soutien aux chercheurs et chercheuses qui bossent sur le genre. Une nouvelle occasion de faire taire celles et ceux qui, il y a quelques semaines, affirmaient haut et fort que notre Ministre avait retourné sa veste en encourageant les uns et les autres à éviter d'employer le terme "genre" en ce moment.


Etudes de genre : «nous soutenons les chercheurs» par Najat-Belkacem

Dans cette interview, Najat Vallaud-Belkacem fait référence à l'enquête VIRAGE (Violences et rapports de genre): contextes et conséquences des violences subies par les femmes et par les hommes. Cette enquête est menée par une équipe de recherche de l'INED (Institut National d’Études Démographiques) au sein de l'unité de recherche "Démographie, genre et sociétés". 
Et elle s'inscrit dans le 4ème plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes. 

N'en déplaise aux trépanés d'RMC.

Inscrite dans le 4ème plan interministériel (page 26) de lutte contre les violences faites aux femmes. Elle a pour but d'étudier le phénomène des violences et rapports de genre sur un échantillon plus large que la dernière enquête sur le sujet, conduite en 2000 par l'Institut de démographie de Paris 1.

Elle est financée par le Ministère des Droits des femmes à hauteur de 1,1 million d'euros sur 3 ans.


Par ailleurs, il me semble de bon ton de rappeler que ces problématiques ne sont pas les seules "lubies" de Najat Vallaud-Belkacem puisqu'elles s'inscrivent dans un large plan d'action interministérielle qui dépasse de loin le seul cadre du Ministère des Droits des femmes. L'année 2014 ayant été déclarée "année de la mixité", chaque ministère a adopté une feuille de route pour intégrer ces questions dans son portefeuille.

N'en déplaise à notre cher Bruno Le Maire, grand nostalgique devant l’Éternel du Ministère de l'Instruction Publique tel qu'il existait dans les années 30. 

Non Monsieur Le Maire, l'école n'est pas là uniquement pour apprendre aux enfants à lire, écrire et compter. Elle est aussi là pour leur apprendre à vivre en société, les uns avec les autres, les unes avec avec les autres. Je ne m'attarderai pas davantage sur les propos d'un autre âge de ce brave homme. Z'avez qu'à cliquer ici si vous êtes fan.

Mais puisque c'est la Saint-Valentin, je ne résiste pas à l'idée de partager cette vidéo avec vous, car elle m'a fait chaud au cœur. Bah oui, j'ai aussi un côté gnangnan mais j'assume.




mardi 11 février 2014

J'irai brûler en enfer...

Et j'en tremble d'avance.
Surtout après la lecture du commentaire qu'"un chrétien" a laissé sur ce billet:



J'attends maintenant celui de Torquemada himself.

Amen.


samedi 8 février 2014

Spams fachos, réacs et nationalistes

spam facho étron Ayoub
Hier, Sarkofrance s'étonnait - à juste titre - d'avoir reçu un mail du trépané Serge Ayoub. Je le comprends. Moi-même quand j'ai ouvert ma boîte mail à plusieurs reprises ces dernières semaines, quelle ne fut pas ma (mauvaise) surprise de voir dans ma boîte principale et non pas dans les spams, un mail émanant de ce trouduc.
"Vous avez reçu un nouveau mail de Serge Ayoub."
Pardon?

Faut-il que les nationalistes et les extrême-droitistes soient à ce point désespérés pour écrire à une affreuse gauchiste comme moi? Parce que s'il n'y avait eu que Serge Ayoub... Ça aurait déjà fait beaucoup. Si seulement, mais là c'est trop:

J'ai donc reçu en vrac des mails de Serge Ayoub, de Breizh info, du Comité d'Entraide aux Prisonniers Européens (CEPE), des Éditions Tatamis, des Bonnets Rouges et d'Oghama Diffusion.


Ça fait beaucoup pour une seule personne.

Mais qui donc sont ces gens?

On ne présente plus Serge Ayoub qui concentre à lui seul toutes les conneries des 5 autres.
  • Breizh info se veut un média neutre de "réinformation" (je cite). Déjà, cette notion de réinformation renvoie sans aucun doute à une théorie du complot fomentée par les médias alliés au pouvoir, et ça me fait doucement rigoler. Sans parler des penchants supposés de Breizh info pour le nationalisme breton. Ils m'ont donc écrit pour me parler de la mise à sac d'une permanence FN, du coût de l'immigration et d'une maison d'édition "enracinée" sous entendue, de souche.
  • Le CEPE est une association qui se consacre au soutien moral et matériel des prisonniers d'extrême droite. Pour en avoir le cœur net, j'ai ouvert le mail qui appelle au soutien des patriotes italiens. Ça m'a suffi.
  • Les Éditions Tatamis? Tiens donc! Un peu de littérature pour moi gauchiste ignare. Ah non! Raté! Elles se définissent sur leur site comme "Éditeur et contre-pouvoir". Ah... Ca sent le complot à plein nez... Et en une de leur site, on peut se procurer: Soral et Dieudonné, la tentation antisémite.  Jean Robin semble être l'auteur fétiche de cette illustre maison. Normal, il est le fondateur de cette maison. Rien de tel que l'auto-production pour ce monsieur qui se revendique du libéral-conservatisme et du gaullisme. OK, j'en ai assez vu. Rideau.
  • Oghama diffusion qui vient me parler du Grand Remplacement, du racisme anti-blanc et des Français de souche, se définit ainsi : "Loin des débats politiques habituels, notre ambition est résolument culturelle et identitaire". OK. Tranquille. Ça pue la merde brune.
Quant aux Bonnets Rouges et à Serge Ayoub, leur présentation est inutile tant ils sont devenus les ambassadeurs de la pensée nauséabonde de ces derniers mois.

Autres points communs de tous ces braves gens: leur mailing list et leur mail tout court: PHPlist et chronomail.

J'en arrive sérieusement à me demander - comme Sarkofrance - sur quelle mailing list je me suis inscrite pour en arriver à recevoir autant d'étrons.

Ça m'apprendra.

jeudi 6 février 2014

Esprit olympique? Quel esprit olympique? #Sotchi

Dans quelques heures vont débuter les JO de Sotchi.
Enfin, en vrai, ils ont déjà commencé pour le slopstyle, une espèce de snow board acrobatique si j'ai bien compris.
Mais c'est demain que tout le monde va s'ébaubir en mondovision sur les prouesses techniques et artistiques que les soviétiques russes vont nous jeter au visage.

Et parmi celles et ceux qui vont s'enthousiasmer pendant toute cette olympiade, il y en a qui, il y a encore quelques semaines de cela, appelaient au boycott des JO de Vladimir Poutine parce qu'il bafoue les droits des homosexuels dans son pays et parce que l'aménagement du site olympique et du village qui va avec a appauvri les Russes quand il ne les a tout simplement pas mis à la rue:
"Le pouvoir russe n'a pas hésité à bousculer ceux qui occupaient ces terres avant qu'elles ne soient gagnées par la frénésie olympique, [...] Fortes d'une législation faite sur mesure au statut juridique sans égal, les autorités ont multiplié les expropriations. Sans visiblement se soucier du sort de nombreuses victimes de ces pratiques, à en croire plusieurs témoignages". source
Et pour les JO de Pékin, c'était pareil.

Mais qu'à cela ne tienne, on s'en fout, on oublie. Pendant 15 jours, l'esprit olympique l'emportera sur l'esprit critique.

Il n'y aura ni boycott ni coup de gueule, tout le monde le sait. Nous vivrons à l'heure russe et on s'ébaubira devant les JO les plus chers de l'histoire, on s'émerveillera devant le confort cosy et moderne à la fois, du village olympique. Un peu comme nos athlètes:

20 minutes du 4 février 2014
 Quant aux gays, lesbiennes, et je n'ose parler des trans', on oubliera pendant 15 jours qu'ils sont les parias d'une société russe autoritaire et rétrograde. On oubliera que Vladimir Poutine les considère comme des erreurs de la nature... mais des erreurs qui peuvent se rassurer et qui peuvent se détendre... Dès lors qu'ils ne s'approchent pas des enfants

On oubliera. Parce que c'est l'esprit olympique.

Mais on se rappellera que l'esprit olympique est de plus en plus éloigné de ses idéaux:
"le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine." (source)
Alors on signera des pétitions. On s'offusquera. On essaiera de boycotter les JO. Mais on sera abreuvés de JO. En mondovision, en direct live, voire en 3D.

Et puis, finalement, on pourra se rassurer puisque les cosaques surveilleront tout ce petit monde.

mercredi 5 février 2014

Déception de la gourde

Gourde que je suis, j'avais imaginé que le Gouvernement continuerait sur sa lancée des réformes sociétales que je défends depuis des lustres.
Gourde que je suis, j'avais imaginé que mes copines lesbiennes pourraient avoir recours à la PMA en 2014 sans plus êtres obligées d'aller en Belgique une fois, deux fois, trois fois... Parce que non seulement les lesbiennes veulent avoir le droit d'être mères mais en plus, elles rêvent parfois de familles nombreuses... C'est fou non? Elles exagèrent quand même... 

Pauvre gourdasse socialiste, j'avais imaginé que François Hollande - même s'il n'avait rien promis sur la PMA dans ses 60 engagements - suivrait les projets du parti qu'il représentait 1) aux Primaires 2) aux Présidentielles.

Et on nous rassure en nous disant qu'il n'y a pas de renoncement... Non c'est sûr. Renoncer, ça voudrait dire ne plus jamais y revenir.

Mais comme je suis gourde, je le crois quand on me dit que dès 2015, la "loi famille" reviendra sur le tapis.
Mais comme je ne suis pas complètement gourde, je m'en rends compte aussi quand on se fout de notre gueule.
Quand on nous dit que le comité d'éthique machin truc n'a pas eu le temps de boucler ses travaux pour 2014, je me demande:
"Ah ouais? et c'est le lendemain de la manif des cons qu'ils s'en sont rendus compte? Quel timing! On n'aurait difficilement pu imaginer meilleur tempo."
Quand on nous dit que pour "apaiser" la France et les mentalités, le Gouvernement va se consacrer à 300% à l'emploi, au travail, au chômage, je me demande:
"Ah ouais? Et pendant ce temps-là, elle va faire quoi Dominique Bertinotti? Et Najat Vallaud-Belkacem? Elle va faire quoi?
On va pas me faire croire que pendant les débats sociétaux et les lois qui visent à améliorer la vie des femmes, des gays, des lesbiennes, tous les ministres sont sur le pont hein? Si?"
Franchement, je ne comprends pas. On aura beau me donner toutes sortes d'explications sur le recul du calendrier de la "loi famille", je ne comprends pas. 

Je ne vois pas ce qui empêche les ministres concernés par cette loi de bosser tranquilles dans leur coin pendant que Michel Sapin, Arnaud Montebourg et consorts bossent sur leurs propres dossiers.

Ah mais si! Suis-je gourde!
Les médias?
Non?
Parce que finalement, ce sont bien eux qui font qu'on a l'impression que le Gouvernement de glande rien pendant qu'on débat sur le mariage pour tous, l'IVG, la PMA, la GPA....

Ils sont combien au Gouvernement? 34? 35?
Et on va nous faire croire qu'ils bossent tous sur le même sujet en même temps?

Allez va... Quelle déception...

Comme dirait Causette: "on nous prend pour des quiches".

Et comme je suis une gourde feignasse, je copie-colle ici la liste établie par Melclalex pour un peu plus de lecture:
Chez Dedalus : La #PMA en 2015 ?
Chez Jegoun : La PMA en 2018 ?