lundi 29 septembre 2014

Au fait, c'est qui Stéphane Ravier, nouveau sénateur FN?

Depuis hier, le Sénat compte deux sénateurs FN.
"Youpi" diront les uns.
"Au secours" diront les autres.
Certains bas du front comme Thierry Mariani ne trouvent rien de mieux que d'opposer frontistes et communistes.
Bref. J'ai beau être en complet désaccord avec les thèses frontistes, cette entrée fracassante au Sénat n'est pas une surprise. C'est l'inverse qui eut été surprenant. Même si ça me désole.
Au-delà de cette droitisation du Sénat, une question toute bête m'est venue à l'esprit:
Qui donc est Stéphane Ravier, l'un des deux nouveaux sénateurs FN?
Et bien c'est lui.


Ça promet.

jeudi 25 septembre 2014

L'islamophobie, c'est maintenant!

Avec la mort d'Hervé Gourdel, lâchement décapité par des barbares trépanés se revendiquant d'un certain islam illuminé, on voit ressurgir le spectre de l'islamophobie de bas-étage, niveau zéro de l'argumentaire, niveau zéro de la réflexion, en mode pilier de comptoir, sobre par-dessus le marché.
Hier, notre cher Corto a pondu un billet dont lui seul a le secret, un truc minable qui disait en gros (de tête, ne compte pas sur moi pour le linker ici):
Quel est le point commun entre les musulmans et les terroriste de Daech?
Réponse: le Coran
Moralité: comme ils lisent tous le même bouquin, ils sont tous pareil.
Ensuite, il déplorait que les autorités musulmanes françaises ne montent pas au créneau pour dénoncer les abominations de ces cinglés d'Allah. Il a du louper les différents appels en question: manifestations, communiqués de presse, déclarations et autres interviews d'éminents musulmans qui condamnent fermement cet assassinat.

Une de mes amies musulmanes avec qui j'ai échangé à ce sujet, m'a dit:
"Paix a son âme. Et c'est parti pour une semaine d'injures islamophobes et d'amalgames en tout genre sur les réseaux sociaux et dans les merdias !"
Voilà. Voilà ce que ressentent la plupart des musulmans français.
  • Pendant les manifs pro-Palestine, certains juifs craignaient pour leur sécurité.
  • Pendant les manifs anti-mariage homo, certains homos craignaient pour leur sécurité.
  • Aujourd'hui, avec la guerre contre Daech, certains musulmans craignent pour leur sécurité.
En France, on aime bien avoir des boucs émissaires. Certains individus aiment bien monter les gens les uns contre les autres. Diviser pour mieux régner. Stigmatiser et amalgamer. La formule magique d'un racisme parfois refoulé, parfois assumé et qui sort du bois en mode décomplexé dans un contexte tel que celui-ci.

Mais revenons-en aux médias.

Voilà ce que le Figaro a eu l'idée de sortir comme "sondage" à la con ce matin:


Franchement, quel est l'intérêt d'un tel sondage sinon monter les Français les uns contre les autres?
On me souffle à l'oreillette que cette question à la con a, depuis, été retirée du site.
C'est dire.

Je suis une fervente défenseuse de la liberté de la presse. Mais j'avoue que j'ai du mal à défendre la bêtise d'une certaine presse qui a fait de l'Autre, de l’Étranger, de l'Immigré, de l'Arabe, son fond de commerce.
Remember.


Le fantasme du grand remplacement ne date pas d'hier. Depuis la nuit des temps, une certaine catégorie de Français pure souche, garantie sans additif, lavant plus blanc que blanc, se demande s'ils seront toujours les maîtres du monde blanc dans 30 ans.

Pour mémoire, cette une du Figaro de 1985. Et oui... Encore le Figaro... Comme quoi.


Quand je pense qu'hier, même Gérard Longuet appelait à l'apaisement, c'est à se demander ce que cherche Le Figaro, sinon foutre la merde encore un peu plus.

"Hervé Gourdel est mort parce qu'il était français"

Quand j'ai appris la mort d'Hervé Gourdel, j'étais dans ma bagnole branchée sur France Info.
Je te mentirais si je te disais qu'à chaque prise d'otage ou exécution d'otage, j'ai été bouleversée. Mais là, hier, je ne saurais dire pourquoi, j'ai été vraiment touchée.
Une fois arrivée chez moi, j'ai évidemment branché iTélé et j'ai attentivement écouté l'allocution de François Hollande.
Et, une fois n'est pas coutume, je partage ici son discours parce que je l'ai trouvé juste, clair, net et précis.
"Notre compatriote Hervé GOURDEL a été assassiné par un groupe terroriste, lâchement, cruellement.
Je pense à lui. Il était parti en Algérie pour se livrer à sa passion : la montagne. Il a été victime d’un crime odieux, dont les auteurs devront être châtiés.
Je pense à sa famille, à sa compagne, à ses parents, auxquels j’ai parlé et qui sont submergés par le chagrin. Je pense à ses proches qui sont nombreux, qui ne comprennent pas et qui n’acceptent pas cette terrible injustice. Pourquoi lui ? Pourquoi  là-bas ?
Je pense à tous nos concitoyens qui sont saisis d’effroi, parce que le but des terroristes, c’est justement d’effrayer, de faire peur.
Alors, dans ce moment, je veux rappeler des choses simples et fortes. Hervé GOURDEL est mort parce qu’il était français, parce que son pays la France combat le terrorisme. Hervé GOURDEL est mort parce qu’il est le représentant d’un peuple, le nôtre, qui est épris de liberté et qui défend la dignité humaine contre la barbarie.
Ma détermination est totale et cette agression ne fait que la renforcer. Nous continuerons à lutter contre le terrorisme partout et notamment contre le groupe qu’on appelle « Daech », qui répand la mort en Irak, en Syrie, qui poursuit des populations civiles, persécute des minorités religieuses, viole, décapite… Oui, c’est contre ce groupe que la France s’est mobilisée et a été appelée par les autorités irakiennes.
Aussi les opérations militaires aériennes – il n’y a pas de troupes au sol – les opérations militaires se poursuivront, tout le temps nécessaire.
Je veux aussi que toutes les dispositions soient prises pour assurer la sécurité de nos compatriotes en France et partout dans le monde. Je renouvelle mes appels à la vigilance, mes consignes pour que nul ne soit exposé à un risque qui est inutile dans cette période.
Je réunirai, dès demain, un Conseil de défense pour, à la fois, fixer les buts que nous avons assignés à nos opérations militaires et renforcer encore la protection de nos compatriotes.
Dans cette épreuve, l’unité est la meilleure réponse et c’est pourquoi je me réjouis, hélas, dans cette période que le Parlement ait pu démontrer son sens du rassemblement et de l’intérêt national.
Je lance un appel à la réunion de tous, au rassemblement de toute notre communauté, au-delà de nos différences, au-delà de nos sensibilités, de nos convictions, parce que c’est l’essentiel qui est en jeu. La France ne cède pas au terrorisme, la France ne cèdera jamais au terrorisme, parce que c’est son devoir et, bien plus, parce que c’est son honneur."

mercredi 24 septembre 2014

PMA, l'égalité en marche

"Ces avis mettront fin à plusieurs mois d’insécurité juridique pour les familles homoparentales".
C'est par cette déclaration que commence le communiqué de presse de Christiane Taubira suite à l'avis de la Cour de Cassation qui a tranché hier: l'adoption sollicitée par la conjointe d’une femme ayant accouché d’un enfant issu d’une assistance médicale à la procréation réalisée à l’étranger est juridiquement possible.
Le communiqué rappelle également que, depuis la loi du 17 mai 2013, seulement 9 décisions de refus ont été prises contre 281 favorables.

L'avis d'hier prononcé par la Cour de Cassation est tout simplement une preuve de bon sens.

En plus, cet avis fera jurisprudence. C'est donc une nouvelle étape fondamentale pour ces familles homoparentales puisque désormais les deux mères auront les mêmes droits sur leurs enfants, quelle que soit la mère qui les ait mis au monde.

Bien entendu, à droite, on vocifère depuis hier. C'est absurde, c'est contre-naturaaaaannnn, c'est une aberration du droit français blablabla.

Ce qui est une aberration pour moi, c'est que les couples hétérosexuels infertiles aient le droit d'avoir recours à la PMA dans un cadre législatif sécurisé mais que - en dépit de la loi du 17 mai 2013 - les couples lesbiens ayant eu recours à la PMA n'aient pas ces mêmes droits.

Et bien c'est réglé. Et c'est précisément l'argument de la sécurité que la Garde des Sceaux a avancé:

Prochaine étape? La PMA en France autorisée pour les couples lesbiens. On va y venir et c'est tant mieux.
Étape suivante? Permettre l'adoption d'un enfant né d'une PMA par la conjointe de la mère biologique même si toutes deux ne sont pas mariées ou si elles sont séparées depuis la naissance de l'enfant.

L'égalité face à la PMA n'est pas encore totale entre les couples hétérosexuels et les couples lesbiens mais l'avis de la Cour de Cassation a ouvert une brèche qui va dans le bon sens.

Alors évidemment à droite et à l'extrême-droite, ce mardi 23 septembre est un jour de deuil.

Ludovine de la Rochère s'est étouffée avec sa Lavallière. Sa vision étriquée de la Famille avec un grand F se résumant à "1 papa, 1 maman, on ne ment pas aux enfants", le fait qu'un enfant puisse grandir avec 2 mamans est tout à fait inconcevable puisque bien entendu, dans le 2014 de Ludovine, deux mamans ne sont pas une famille.

Nicolas Dupont-Aignan, qui semble avoir 2-3 Michelines de retard, s'est quant à lui insurgé contre ce qu'il appelle une "décision scandaleuse qui revient de facto à légaliser la commercialisation des enfants". Euh. M'est avis qu'il confond pas mal de choses et si je suis sa logique, il faudrait tout bonnement interdire la PMA pour tout le monde.

Quant à Laurent Wauquiez ou encore Guillaume Peltier, fidèles à eux-mêmes, ils appellent de leurs vœux pieux l'abrogation de la Loi Taubira. Ces élus de la République veulent qu'en 2017, si la droite revient aux affaires comme on dit, elle abroge cette loi, démarie les couples homosexuels, annule les actes d'adoption sans se soucier 2 secondes des conséquences de tels actes. Heureusement, leurs petits camarades de jeu (comme NKM) ne sont pas tous d'accord avec eux.

Sans parler de Christine Boutin qui passe sont temps à racoler sur Twitter pour la manif du 5 octobre.

mardi 23 septembre 2014

IL est revenu... et c'est le même... en pire.

Dimanche soir, je n'ai pas regardé l'intervention de Nicolas Sarkozy. Je suis tombée dessus au moment où il disait qu'il n'était pas un sauveur, qu'il n'était le sauveur de rien ni personne. Face à cet éclair de lucidité, j'ai zappé.

Depuis, on ne parle plus que de ça. De lui. 

Si tant est qu'il fut un jour parti... Entre les unes de journaux people, les conférences à what 1000 € de par le monde, le cyclisme ici, les spectacles là... Sans parler des affaires qui lui collent aux basques comme un chewing gum aux cheveux d'Yvette Horner, il reste à prouver qu'il est vraiment parti. Mais là n'est pas le sujet puisque aujourd'hui, la sphère médiatico-politico-blogo-journalistique est unanime: IL est revenu.

On lit ici qu'il a changé, on lit là qu'il est toujours le même. Les légendes urbaines vont bon train sur le bougre.

Moi qui n'ai pas vu de mes yeux son intervention, je suis donc allée lire les journaux et les blogs pour me faire une idée. Les quelques images de son show médiatique m'inspirent une première remarque: oui il a changé, il a plus de cheveux blancs, c'est indéniable. Bah quoi? C'est une preuve de changement non?

Ensuite, j'ai checké ses postures, ses gestes, ses poses. Et bien... même si ce n'étaient que des photos, j'ai perçu sans mal l'abondance, voire le trop plein, de tics, tocs, crispations et autres grimaces qui ont fait sa légende, avant, pendant et après son mandat de président. Force est de constater, qu'à part les cheveux blancs, il n'a pas changé d'un poil.


Maintenant qu'on a vu le contenant, voyons le contenu.

On aurait pu croire que le type ne la ramènerait pas trop, ou du moins, qu'il ne se la raconterait pas trop. On aurait pu imaginer une interview en mode mea culpa. Sauf que non. En l'espace de quelques secondes, il dit tout et son contraire: 
"Je n'ai jamais cru à l'homme providentiel mais si je reviens, c'est parce que je n'ai pas le choix"
Autrement dit, je ne suis pas l'homme providentiel, mais sans moi vous êtes foutus donc je viens vous sauver.

On aurait pu imaginer un type détendu du string, apaisé, relax Max: genre les "casse-toi pauv'con" ou "nettoyer la racaille au Karcher", ça fait partie de mon passé tu vois. On aurait pu. Mais non. Car Sarko est Sarko, et il ne peut pas changer. Donc il est sorti de ses gonds plusieurs fois en répondant à Laurent Delahousse, les nerfs à vif tu vois: genre mais pourquoi tant d'agressivité espèce de journaleux de mes deux?

On aurait pu imaginer que le gus débarquerait avec des idées pour son parti et pour une certaine France qui prie jour et nuit depuis 2 ans pour qu'il leur fasse un signe du bout du tunnel UMPiste. Mais non, raté. Il nous a resservi vite fait son amour pour le référendum, un peu comme il l'avait fait pendant la campagne de 2012. Bien entendu, on se souvient toutes et tous des référendums qu'il a organisés entre 2007 et 2012. Quoi? Non?

La question du mariage pour les couples de même sexe, autorisé depuis plus d'un an maintenant, a également fait irruption dimanche soir sur le plateau de France 2. Et d'après ce que j'ai lu depuis, la sortie de Nicolas Sarkozy est loin d'avoir fait l'unanimité, à gauche, à droite, aux extrêmes... Et même chez les dingos de la Manif pour Tous, c'est dire!
"Est-ce que vous croyez qu'avec le nombre de chômeurs c'est le problème essentiel ? La réponse est non [...] J'ai détesté la façon dont ça s'est passé. On a humilié la famille, on a humilié un tas de braves gens qui n'avaient jamais pensé à défiler de leur vie et qui se sont sentis blessés parce qu'on touchait à leur amour de la famille ! On les a humiliés, ils se sont radicalisés. Beau résultat pour un Président qui prétendait rassembler la France! [...] On a utilisé des homosexuels contre les familles. C'est une honte".

Enfin, les sondages publiés depuis dimanche sur ce grand cirque télévisuel dont il fut le triste clown ne laissent pas beaucoup de place au doute. Quel que soit l'institut de sondage et quels que soient les sondés, cette intervention a été une foirade totale: mauvaise idée pour les uns, pas convaincant pour les autres, ce n'est pas l'homme qu'il faut pour l'UMP, non il n'a pas changé, il est toujours le même en pire... Voilà tout ce qu'on a pu lire.

Et pour finir, voir des blogueurs de droite se réjouir des bonnes audiences de France 2 dimanche soir me fait hurler de rire. En disant que c'est une preuve de succès pour leur champion qui intéresserait les Français bien plus que François Hollande parce qu'au match de l'audimat, il lui a collé un uppercut, j'ose espérer que ces braves gens n'auront pas manqué de noter que la conférence de presse de Pépère a eu lieu un jeudi à 17h et que le numéro de talonnettes claquettes de Sarko a eu lieu un dimanche soir à 20h. Ça peut passer pour un détail, mais vu tout ce que je lis depuis dimanche, on n'est plus à un détail près.

Bref, ce billet est l'illustration parfaite d'un antisarkozysme primaire, mais j'assume totalement. Comme l'explique très bien Sarkofrance, à Sarkozy primaire, antisarkozysme primaire.

Et en parlant de primaire(s), m'est avis qu'on n'a pas fini de rigoler avec les primaires de l'UMP non plus.

samedi 20 septembre 2014

Morlaix: une manif de racailles, ni plus ni moins.

Ce matin, j'ai découvert médusée que des syndicalistes de la FDSEA avaient brûlé le centre des impôts de Morlaix et la Mutualité Sociale Agricole pour manifester leur mécontentement. Euphémisme pardon: leur ras-le-bol fiscal. J'apprends également qu'ils ont empêché l'accès des pompiers à l'incendie qu'ils ont déclenché.
  • Que l’agriculture française soit en crise, c'est une évidence.
  • Que les agriculteurs en aient ras le tracteur, je peux le comprendre.
Mais qu'ils saccagent le bien commun pour se faire entendre me fait halluciner.
J'entends ici où là qu'il faut entendre cette détresse, comprendre qu'ils ont la vie dure et que c'est normal ma brave dame que les agriculteurs pètent un plomb. 

Bah voyons.
Justice de comptoir à deux vitesses.

  • Quand ce sont des jeunes qui saccagent le mobilier urbain pendant et / ou après une manif: ce sont des casseurs, des racailles.
Oui ce sont des casseurs et des racailles.
  • Quand ce sont des gens qui, en marge d'une manifestation de soutien aux Palestiniens, saccagent des commerces juifs ou une synagogue, ce sont des délinquants antisémites.
Oui ce sont des délinquants antisémites.

Mais quand il s'agit d'agriculteurs qui usent des mêmes procédés, il faudrait être indulgent? Parce que vous comprenez ma brave dame, c'est vraiment trop dur aujourd'hui d'être agriculteur en France.
On croit rêver.

Et pendant ce temps-là, Thierry Merret, président de la FDSEA et bonnet rouge à ses heures perdues, applaudit des deux mains:
"Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu'ils ont fait. [...] il faut relativiser, il n'y a pas eu mort d'homme, c'est une forme de témoignage pour dire: écoutez nous".
Bah voyons. Donc moi, je sais ce qu'il me reste à faire:
  • Je vais incendier le Pôle Emploi de Brunoy
  • Je vais saccager les locaux de mon ancien employeur
Et puis après je dirai: 
"Oh eh c'est bon hein, y'a pas mort d'homme, je veux juste toucher ce qui n'est dû. C'est une forme de témoignage, écoutez-moi."
N'importe quoi.

Entendre la Maire de Morlaix appeler à la compréhension parce que si, elle, elle peut expliquer cet évènement, tout le monde peut le faire, et bien moi, ça me débecte.
Lire des politiques comme Nicolas Dupont-Aignan affirmer qu'il s'agit-là d'une jacquerie du XXIème siècle, la première d'une longue série, sans condamner une seule seconde de tels actes, "c'est un peu fort de café" comme dirait ma grand-mère.

Cette tolérance à géométrie variable selon que la racaille est un jeune de cité, un étudiant, un manifestant ou un syndicaliste paysan est hallucinante.

Les manifestants d'hier ne sont ni plus ni moins que des racailles sans casquette ni keffieh ni cagoule, ce sont des racailles en tracteurs.

Mais des racailles ni plus ni moins.

Et comme l'a très bien rappelé Marylise Lebranchu sur iTélé ce midi:
"Nous ne règlerons jamais les problèmes agricoles par la destruction du bien commun".

jeudi 18 septembre 2014

Pauvre UMP

A l'heure où toute la population de droite surveille le rasoir de Nicolas Sarkozy et alors que l'opposition de droite est au niveau zéro de la politique, contraignant ainsi le PS à endosser tous les uniformes à la fois: celui de l'opposition et celui de la majorité, j'ai eu l'idée saugrenue de m'égarer sur le compte Instagram de Nadine Morano.

Ne me demandez pas ce qui m'a pris, je ne le sais pas moi-même.

Mais quand j'ai vu ce que j'ai vu, je me suis surprise à plaindre l'UMP et surtout ses militants.
Ne riez pas, l'heure est à la compassion.
Merci pour eux.

dimanche 14 septembre 2014

Debout la République du Front National!

Debout la République Front National
Avec ce qui se passe à Yerres en ce moment, j'ai un peu de mal à traîner mes guêtres ici. Entre les cadenas que Nicolas Dupont-Aignan a mis sur toutes les écoles la semaine dernière et sa tentative de référendum local qui s'est transformée en un simulacre de consultation des parents d'élèves, je ne savais plus où donner de la tête.

Donc, à défaut de bloguer ici, j'ai blogué là.

Ce matin, je suis tombée sur le billet de Laurent Pinsolle, (ex-)cadre du parti Debout la République. Bien que je ne partage pas ses idées politiques, je le lis souvent parce que j'apprécie son sens de l'analyse.

Et donc, ce matin, j'apprends qu'il quitte le Bureau National du parti souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan. Sur la forme, j'en ai un peu rien à secouer. Mais sur le fond, il dit tout haut ce que d'autres ont dit avant lui, tout haut également, et c'est là que ça devient intéressant. 

Car la première raison pour laquelle il démissionne c'est qu'il n'adhère plus aux positions de son leader et à sa proximité avec le FN qui est, selon lui, et je crois qu'il a raison, le seul parti que Nicolas Dupont-Aignan n'attaque jamais frontalement.
"Si je suis en accord avec la ligne « ni système, ni extrême », le problème est que ce n’est pas la ligne que nous suivons depuis plus de 2 ans puisque si DLR porte des coups durs contre le PS et l’UMP, il n’y a que très peu de coups portés contre le FN, quand ce ne sont pas des propos évoquant une certaine proximité. Or si l’on est « ni système, ni extrême », on se situe théoriquement à équidistance des deux, ce qui correspond d’ailleurs à ce que je pense et écrit sur mon blog. Malheureusement, ce n’est pas la ligne qui est choisie. A priori, je ne pense pas qu’un rapprochement avec le parti de la famille Le Pen soit possible (si j’avais des doutes forts, je serais parti immédiatement), mais je commence à me demander jusqu’où pourrait bien mener cette ambiguité et ce relatif refus de le critiquer dans la dynamique actuelle. Pire, je pense que cette indulgence a une part de responsabilité dans le niveau actuel du FN."
Sur Vox de Gauche, nous en avons souvent parlé et, régulièrement, des militants de DLR nous tombaient sur le paletot pour nous dire qu'on avait fumé la moquette. Je résume hein.

Mais Laurent Pinsolle dénonce également un autre défaut de Nicolas Dupont-Aignan: son omniprésence partout tout le temps sans consultation préalable de son porte-parolat:
"le comportement un peu cavalier de NDA, qui, s’il est le ciment et le chef incontestable du mouvement, peut aussi parfois ne pas être exemplaire, ou même simplement vouloir laisser de la place aux autres. Quelle surprise pour moi d’avoir été le porte-parole du candidat qui a laissé le moins d’espace médiatique à ses portes-paroles pendant la campagne présidentielle, où il s’astreignait à répondre présent à toutes les demandes des radios les plus obscures."
Cette remarque est intéressante car ici à Yerres, bien que Monsieur le Maire ne soit quasiment jamais là, c'est lui qui contrôle tout, y compris le droit de réponse de ses adjoints et conseillers municipaux.
  • Si tu écris à l'adjoint en charge de la voirie pour un lampadaire qui déconne, c'est le dircab du Maire qui te répond.
  • Si tu écris à l'adjoint en charge de la sécurité parce que tu t'es fait défoncé ta voiture sous une caméra de vidéo-surveillance et que la Police Municipale te dit qu'elle ne peut rien faire, c'est le dircab qui te répond.
En revanche, si tu écris au dircab pour savoir combien a coûté la campagne de communication (1 tract + 2 dépliants de 4 pages + les bulletins de la consultation + la mobilisation des personnels municipaux), les cadenas, les chaînes et les bus affrétés pour la pseudo manif du 3 septembre, et bien là, curieusement, personne ne te répond.

Allez donc lire le billet de Laurent Pinsolle dans son intégralité, c'est très intéressant.

Et lire un (ex-)cadre du parti qui te dit que DLR ne tape pas assez fort sur le FN et est parfois même trop tolérant, trop gentil voire carrément trop proche du parti de la famille Le Pen, et bien ça interpelle.

dimanche 7 septembre 2014

Chère Valérie, je ne lirai pas votre livre

Chère Valérie,

Je ne vous tutoierai pas, contrairement au Ministre du Travail, car je ne crois pas que nous soyons socialistes toutes les deux. Par conséquent, nous ne sommes pas non plus camarades.

Chère Valérie, je ne lirai pas votre livre

J'imagine que ça vous fait une belle jambe de le savoir, puisque bien entendu chacun est libre de lire ce qu'il veut. Pourtant je l'ai, en version numérique sur mon ordi. Il est là bien au chaud dans les méandres de mon disque dur.

Un jour peut-être, à tête reposée, je me pencherai sur vos mémoires de Première Dame.

Mais pas là, pas maintenant. Pour la simple et bonne raison que je déteste ce genre de publications, qui plus est quand la personne qui est au cœur de l'ouvrage - à part vous - est une personne en exercice, un personnage public dont la vie privée ne me regarde pas.
J'ai eu la même réaction quand Cécilia Sarkozy, devenue Attias, a publié son bouquin qui parlait du couple qu'elle formait avec l'ex-président. J'ai eu la même réaction et finalement, je ne l'ai toujours pas lu. Néanmoins, il y a une différence de taille entre elle et vous, c'est qu'elle a attendu 2013 pour le publié. Et c'est une différence de taille.
  • Que vous ayez souffert pendant que vous étiez Première Dame, je veux bien l'entendre.
  • Que vous ayez maudit Ségolène Royal parce qu'elle était son ex, je veux bien l'admettre.
  • Que vous ayez été meurtrie par la mauvaise image que vous véhiculiez, je l'admets aussi.
  • Que l'exposition médiatique des virées à scooter de François Hollande chez Julie Gayet vous aient anéanties, ça tombe sous le sens.
Mais que vous osiez prendre la plume "à chaud" comme on dit pour cracher autant de fiel sur le Président de la République en dévoilant des aspects de votre vie privée et de la sienne, ce sont des pratiques qui me débectent.

Vous déclariez en mai dernier :
"Ce que je refuse, c'est qu'on me catalogue parmi les people, je ne suis pas ça. Je ne veux pas être à la Une des magazines people pour tout et n'importe quoi. J'ai le droit d'avoir une activité publique auprès du Secours populaire, et pour le reste ma vie est privée".
J'ose espérer, mais je ne vous cache pas que j'en doute fort, que lorsque vous déclariez cela la larme au coin de l’œil, vous n'aviez pas encore envisagé de pondre ce livre.

Chère Valérie, je ne lirai pas votre livre.

Et si, il y a encore quelques mois, je vous souhaitais de trouver la paix et la sérénité après les souffrances et les humiliations que vous aviez subies, je vous souhaite aujourd'hui d'empocher vos royalties et de vous faire oublier, pour le bien de tous, mais aussi pour le vôtre.

Bien cordialement,

Elooooody

mardi 2 septembre 2014

Cher François Rebsamen...

Mon cher François,

J'espère que tu me permettras de te tutoyer, puisque la tradition veut qu'entre camarades socialistes, le "tu" soit de rigueur. Et jusqu'à preuve du contraire, nous le sommes tous les deux. Cela dit, ta petite phrase ce matin sur iTélé a quelque peu insinué le doute dans mon esprit.

Pendant que je prenais mon petit déjeuner, j'ai failli recracher ma cuillerée de céréales lorsque tu as prononcé ladite phrase qui résonne depuis en dolby surround sur toutes les chaînes d'infos TV et radio. Et histoire qu'elle entre dans la postérité cette petite phrase, tu l'as également tweetée:

Sur la forme, tu as bien fait. je suis tout à fait favorable à la présence des ministres sur Twitter. D'ailleurs, jusqu'à présent, j'avais tendance à considérer que ta com était plutôt bien rodée.
Mais sur le fond, j'avoue que les bras m'en sont tombés mon cher François.

J'ai donc ramassé mes deux bras, pris le volant de ma voiture pour aller au boulot, tout en réécoutant France Info qui repassait en boucle ta petite phrase.

Vois-tu François, entre 2011 et 2013, je suis restée 19 mois au chômage après avoir brillamment décroché un doctorat de Sciences Humaines. Tu n'es pas sans savoir que les 3/4 des docteurs en Sciences Humaines passent par la case Pôle Emploi et qu'ils restent au chômage en moyenne 18 mois avant leur 1er job hors des murs universitaires. Mais passons. Là n'est plus la question.
Pendant ces 19 mois, j'ai répondu à environ 200 offres d'emplois et j'ai postulé "spontanément" comme on dit auprès de 250 structures publiques et privées dont moins de 10% ont pris la peine de me répondre. Ce qui fait en gros 450 candidatures et une trentaine de réponses écrites circonstanciées.

Tu veux renforcer les contrôles pour t'assurer que les chômeurs ne passent pas leur temps oisif à flemmarder sur leur canapé devant une émission de télé-réalité en attendant, une bière à la main, que leur ARE tombe pour se jeter sur le premier écran-plat venu.

Louable intention à première vue.
Mais sais-tu que ta préoccupation ne concerne que 0,8% des fraudes en France? 
Sais-tu que sur l'ensemble de l'année dernière, le montant total des fraudes aux allocations chômage est estimé à 100 millions € sur 33 milliards € d'allocations chômage, soit moins de 1% des ARE versées et qu'à titre de comparaison, la fraude fiscale représente 3,6 milliards d'euros?
As-tu bien réalisé que tes propos ne visent qu'une infime minorité des demandeurs d'emplois en France? 
Les agents de Pôle Emploi sont débordés et tu le sais très bien. En Seine-Saint-Denis par exemple, un conseiller gère en moyenne 300 demandeurs d'emplois. Et tu voudrais qu'en plus de ces attributions, ce même conseiller consacre du temps à contrôler la motivation des demandeurs d'emplois? Comment pourrait-il s'y prendre, dis-moi?
Comment prouver qu'on est en recherche hyperactive d'emploi quand moins de 10% des recruteurs prennent la peine de répondre aux candidatures qu'ils reçoivent?
Comment prouver qu'on est un "bon" chômeur quand on ne rencontre son conseiller qu'une fois par an?
Cela fait-il de moi une mauvaise chômeuse lorsque, titulaire d'un bac+8, j'ai l'outrecuidance  de refuser un poste de conductrice de bus ou d'hôtesse de charme?
Tu n'es pas non plus sans savoir que 67% des demandeurs d'emploi retrouvent un job sans l'aide de Pôle Emploi, dans des "réseaux" comme on dit. Et c'est mon cas figure-toi. Lorsqu'en 2013, je suis devenue chargée de communication pour une administration publique, ce fut grâce à des amis. Et à la fin de cette triple vacation de 10 mois, lorsque j'ai décroché le poste que j'occupe maintenant depuis un moins, ce fut également grâce à un réseau qui se situe à 1000 lieues de Pôle Emploi.

Mon cher François, tu as passé ta journée à essayer de déminer le terrain en affirmant que ta petite phrase n'avait pas pour but de "stigmatiser les chômeurs". Et bien mon cher François, permets-moi de te dire que c'est raté.

En tant que Ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social, si je puis me permettre deux petites suggestions:
  1. je t'invite à effectuer un stage en immersion dans un Pôle Emploi surchargé, idéalement en Seine-Saint-Denis.
  2. je te conseille également de suivre au quotidien les galères d'un demandeur d'emploi sur plusieurs mois.
Ensuite, si tu es d'accord, nous pourrons en rediscuter autour d'une bière dans mon salon d'ex-chômeuse, sur mon canapé, devant une émission de télé-réalité intitulée Vis ma vie de demandeur d'emploi, le tout diffusé par mon écran plat LCD.

Bien à toi,

Elooooody