mardi 27 octobre 2015

Fin de vie

​J'ai longtemps hésité avant d'écrire ce billet.
Pour plein de raisons mais une surtout : je n'ai pas l'habitude de raconter "ma" vie ici. Et pourtant... Un blog n'est-il pas précisément une espèce de cyberjournal intime ?
J'ai déjà évoqué ici plusieurs fois mes grands-parents, et mon grand-père surtout.
Et bien, il a tiré sa révérence. 

Au-delà de l'immense tristesse naturellement ressentie, j'ai ensuite éprouvé de la colère... Ou quelque chose dans ce goût-là.

Mon grand-père a failli nous quitter il y a 2 ans déjà. Puis il a repris du poil de la bête et a vécu une année de plus presque "normalement".

Puis tout s'est lentement accéléré. Bel oxymore pour dire qu'il a souffert pendant plusieurs mois.
Un mois sur deux, il retournait à l'hôpital. Il n'en sortait ni mieux ni moins bien. Puis il y retournait. Et cela pendant des mois.

Jusqu'à l'épuisement.

Les médecins évoquaient toutes sortes de soins : transfusion, dialyse, stents...
93 ans.
"Vous allez voir, on va vous requinquer"
Mais pourquoi? Pour quoi faire? Il était si fatigué, si affaibli et si triste de se voir dans cet état.
"A quoi bon me requinquer? J'ai 93 ans Docteur, laissez-moi tranquille"
Même ma grand-mère était fatiguée pour lui. Fatiguée à cause de lui.

Je n'ai pas honte de dire que nous avons évoqué ensemble, avec lui, des solutions interdites dans notre pays. On a aussi parlé de la Suisse... Mais ni pour ses chocolats, ni pour ses montres.

Il l'aimait d'ailleurs, sa montre, mon grand-père. Il n'a jamais voulu l'ôter. Même quand son poignet n'en supportait plus le poids, il a gardé sa montre. Jusqu'au bout.

Je me suis demandé ce qui clochait chez nous : pourquoi vouloir à tout prix maintenir en vie un mourant de 93 ans? Pourquoi ne pas lui permettre de partir en toute sérénité, en paix, dans la douceur et non dans cet état de dégradation physique qui fut la sienne? À quoi bon?

Comment peut-on laisser quelqu'un (de 93 ans j'insiste) souffrir à ce point et aussi longtemps, en France, et au XXIème siècle?

Alors oui... Dans les derniers jours de sa vie, il ne souffrait plus. Il ne souffrait plus parce qu'il n'avait plus la force de souffrir. Il était résigné. Il a attendu de voir son fils. Puis sa fille.
"A demain Papa"
"Non. Pas demain. Demain je ne serai plus là."
"Ah bon? Mais tu seras où?"
"Je serai mort".
Ainsi s'en est allé mon grand-père un mardi 13 octobre après des mois de souffrance inutile. Je ne sais pas trop pourquoi je raconte ça même si je sais que vous voyez parfaitement où je veux en venir.

No comment sur ce billet.
Une fois n'est pas coutume.

mercredi 21 octobre 2015

Il y a 70 ans, 33 femmes entraient à l'Assemblée Nationale

Le 21 octobre 1945, les Françaises votent pour la première fois aux élections législatives. Non seulement elles sont électrices mais elles sont également candidates. 

Et pour la 1ère fois, elles sont 33 à faire leur entrée à l'Assemblée Nationale.

Du coup, j'ai farfouillé dans mes archives et dans celles de ce blog, et j'ai retrouvé un article de l'Illustration, du 1er décembre 1945, et qui revient sur ce moment historique pour l'histoire des femmes, leur lutte pour l'obtention du droit de vote et, par la même occasion, leur accès à la citoyenneté politique, pleine et entière.
"Les premières députées françaises
Elles sont trente-trois femmes, "députées" à l'Assemblée nationale constituante pour toutes les provinces françaises. Deux d'entre elles ont été élues par l'empire : Mme Sportisse, à Oran, et Mme Eboué, veuve du gouverneur général des colonies, à la Guadeloupe, de race noire comme son mari.
Elles appartiennent pour la plupart à ceux qu'on a appelés les "Trois Grands", communistes, socialistes et MRP, mais nos départements de l'Ouest, traditionnellement modérés, ont dépêché au Palais-Bourbon deux représentantes: Mme de Suzannet (Vendée) et Mme Texier-Lahoulle (Morbihan), qui siègent à droite. Leurs professions? Il y a des intellectuelles et des ouvrières manuelles.
Certaines ont déjà un passé de militantes, d'autres sont de nouvelles venues dans l'arène politique. Quatre d'entre elles ont siégé à la Consultative : Mmes Péri, Vaillant-Couturier, Madeleine Braun et Lefaucheux, vice-présidente du conseil municipal de Paris.
Nouvelles venues dans les assemblées parlementaires, les femmes y joueront peut-être demain un rôle important. Et ce n'est sans doute pas uniquement pour faire un geste symbolique que la Constituante a déjà appelé une femme, Mme Marie Dienesch, à siéger à son bureau en qualité de secrétaire."
On passera outre la teneur des propos qui sont parfaitement en adéquation avec l'époque : une pincée de paternalisme, un grain d'ironie, mais on notera tout de même l'exploit de la féminisation du mot "députée" qui, aujourd'hui encore, pose quelques soucis aux plus conservateurs (et conservatrices).

1ères députées françaises

BASTIDE Denise, Eva, Marie
BRAUN (NÉE WEIL) Madeleine
DEGROND Céline, Victorine dite Germaine
DIENESCH Marie-Madeleine
ÉBOUÉ-TELL Eugénie
FRANÇOIS Germaine
GABRIEL-PÉRI Mathilde
GALICIER Emilienne
GINOLLIN Denise
GUÉRIN Lucie
GUÉRIN Rose
LAMBLIN Solange
LAURE Irène
LEFAUCHEUX Marie-Hélène (Madeleine, dans le texte de l'Illustration)
LEFEBVRE Francine
LEMPEREUR (Née MUEZ) Rachel, Odile
LÉO-LAGRANGE (Née WEILLER) Madeleine
LÉVEILLÉ Jeanne
MÉTY Mathilde
NÉDELEC Raymonde
OYON Marie
PEYROLES Germaine
POINSO-CHAPUIS Germaine
PRÉVERT Renée
ROCA Gilberte
ROLLIN Simone
RUMEAU Marcelle
SOLOMON-LANGEVIN Hélène
SPORTISSE (GOMEZ-NADAL) Alice
SUZANNET (DE) Hélène
TEXIER-LAHOULLE Marie
VAILLANT-COUTURIER Marie-Claude
VERMEERSCH-THOREZ Jeannette

mercredi 7 octobre 2015

Quand les digues entre LR et FN sautent les unes après les autres

Après les envolées lyriques de Nadine Morano et la condamnation politiquement correcte des ténors de son parti, on eut pu imaginer que ça calmerait (ou pas) les autres membres du parti dit des "Républicains".

Que nenni.

On pourrait se livrer à une compilation des dérapages borderline, voire carrément racistes, des ex-UMP, mais ce blog n'y suffirait pas.

Aujourd'hui, en Essonne, c'est Dominique Bouley qui est à l'honneur. Et là, cher lecteur, chère lectrice, tu te demandes : 
"Mais diantre! Qui donc est ce Dominique Bouley qui porte si bien son nom?"
Je vais mettre un terme au suspense intenable immédiatement. Dominique Bouley est le1er maire adjoint délégué à l'urbanisme, à la sécurité et au développement économique, de Wissous.

Wi-quoi?!?!?

Wissous... fais un effort s'il te plaît.

Wissous est une commune française située à environ quatorze kilomètres au sud-ouest de Paris dans le département de l'Essonne en région Île-de-France. La commune se situe à la frontière avec les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. 6 624 habitants au compteur.

Depuis 2014, le maire de cette bourgade est Richard Trinquier. Et depuis 2014, Wissous nous a offert, ici en Essonne, de grands moments de tolérance, de solidarité et de démocratie bien rances :
  • Interdiction du port du voile à Wissous-Plage (et je précise qu'on parle d'un voile et non pas d'un voile intégral ou d'une burqa)
  • Suppression des repas de substitution dans les cantines
  • Réunion publique contre les Roms qui a failli se finir en ratonnade généralisée
Et bien aujourd'hui, c'est Dominique Bouley qui a les honneurs de ce blog. 

Adepte de la théorie du complot et de celle du Grand Remplacement, propagateur de clichés sur les réfugiés, "Français de souche" revendiqué, et islamophobe affiché, son profil Facebook ravira les réacs qui ont l'habitude de s'égarer par ici.

Dominique Bouley

J'attends maintenant avec impatience les réactions indignées de Valérie Pécresse, Nicolas Sarkozy et Eric Ciotti.
 

lundi 5 octobre 2015

Allô France 3 ? Où sont les femmes ?

Alors que le mois d'octobre est aussi dédié à la lutte contre le cancer du sein, je découvre à l'instant le nouveau spot de France 3 en faveur de la place des femmes sur son antenne.
En effet, la majorité des présentateurs de France 3 sont des présentatrices. C'est plutôt rare donc ça mérite d'être souligné. D'autant plus que "féminisation" et "médias" n'ont pas toujours fait bon ménage... Histoire de rester dans la sémantique appropriée.

Sauf que là, franchement, il me semble qu'il y avait une autre façon d'envisager la chose. Déjà la bande son de Patrick Juvet "Où sont les femmes?" est un peu limite, mais alors montrer un four qui crame, un fer à repasser qui brûle, un sac à main abandonné, une chambre d'enfant en désordre...

... Tout ça à cause d'une femme qui aurait abandonné ses tâches ménagères pour aller présenter le JT, force est de constater que ça ne vole pas très haut.

Dommage car, sur le fond, l'idée de vanter la féminisation de son antenne, c'était plutôt une bonne idée.

Par contre, pour la forme, on repassera.
C'est le cas de le dire.