mercredi 30 novembre 2016

Mais que s'est-il donc dit à cette fameuse AG2017 ?

Hier soir, à la Bellevilloise, s'est tenu le premier rassemblement de l'AG.
AG de quoi? AG de qui? Qu'est-ce donc encore?
Assemblée de la Gauche? Oui, en partie.
"L’AG est le rassemblement de personnes issues d’horizons divers, se reconnaissant dans les valeurs de la Gauche, qui veulent prendre part au débat public et participer à en définir les enjeux et encourager la montée en puissance de la société."
En gros, pour faire court, on devait être 200 à 250 de tous horizons (politique, associatif, culturel, éducatif...etc.) pour débattre des enjeux à relever à 145 jours de l'élection présidentielle.
Et finalement, on était au moins 300.
Très rapidement, je me suis rendu compte que nous n'étions pas qu'entre militants, entre politiques, entre-soi, et que nous n'étions pas toutes et tous des bénis oui-oui du Gouvernement ou des hollandolâtres patentés.
Ça change.
On n'était pas non plus dans l'auto-congratulation, ni dans l'auto-satisfaction masturbatoire, contrairement à ce qu'on a pu lire ici ou là.
Cela dit, dès lors qu'on se réunit à "huis-clos" dans un lieu comme La Bellevilloise et qu'on annonce des participant-e-s tel-les que Julien Dray, Jean-Michel Ribes, Muriel Hurtis ou Patrick Pelloux, forcément, ça attise à la curiosité et ça fait dire n'importe quoi à celles et ceux qui ne sont pas venus, qui n'ont pas vu ni en entendu.

Et comme dirait l'autre, "haters gonna hate".

Donc, non, nous n'étions pas entre bobos, nous n'étions pas entre hollandais, nous n'étions pas non plus en meeting politique, et encore moins en comité de campagne.
Mais on ne va pas se mentir sur la marchandise, dès lors que l'AG se revendique des valeurs de gauche, force est de constater que les fillonistes, les juppéistes ou les frontistes étaient absents du débat hein.

Et comme j'y étais, je peux en parler. Histoire de mettre un terme aux fantasmes empreints de delirium tremens qui circulent sur les réseaux sociaux.

La soirée s'est déroulée en 3 temps: un premier temps avec les témoignages de celles et ceux qui ont rejoint l'AG, un deuxième temps plus politique, un troisième temps pratique présentant la suite des évènements et l'agenda des futures AG ici et ailleurs, près de chez toi.

Comme je suis super sympa, je vais te donner la liste des gus qui ont pris la parole pendant la soirée.
  • Rachid Benzine, islamologue et politologue
  • Jacky Bontems, syndicaliste
  • Nelly Gouandjia, militante des conseils citoyens
  • Eliott Nouailles, animateur du site "Nouveau Souffle"
  • Sakina M'sa, créatrice de mode et entrepreneure sociale
  • Jean-Michel Ribes, auteur, metteur en scène
  • Yacine Bellatar, humoriste
  • Nadège Azzaz, Conseillère régionale d'Ile-de-France
  • Julien Dray, Conseiller régional d'Ile-de-France
  • Jean-Philippe Derosier, Professeur de droit public
  • Stéphanie Scoupé, cadre de direction dans une entreprise publique
  • Alexandre Leroy, ancien président d'un syndicat étudiant
  • Sabrina Aïd, Juriste/consultante RSE (responsabilité sociétale des entreprises
Muriel Hurtis et Patrick Pelloux auraient du être également présents, mais ils avaient poney. A moins que la première n'ait loupé son train et que le second ait été souffrant. Mais finalement, ça ne nous regarde pas, comme dirait l'autre. 
Banlieues, identité, déchéance de nationalité, droit de vote des étrangers, lutte contre le terrorisme, engagement associatif, programme de François Fillon, présence française à l'international, culture, impôts, élection présidentielle... sont autant de sujets qui ont été abordés. Près de 30 personnes ont pris la parole pour susciter le débat avec la salle et les intervenants.
François Hollande s'est pris pas mal de scuds, assez justifiés il faut bien l'avouer. En vrac et dans le désordre:
  • La déchéance de nationalité était, je cite "une sombre connerie".
  • Il aurait du proposer le droit de vote des étrangers, même si la majorité des 3/5e n'était pas acquise. Au moins, on aurait pu taper sur la droite qui l'aurait refusé et ainsi éviter de lui taper dessus parce qu'il a préféré renoncer que de proposer. 
  • Il ne communique pas assez sur ses échecs et ce n'est pas la peine d'attendre d'être en campagne pour le faire. Le droit d'inventaire, c'est maintenant, tout le temps.
  • Loi travail et 49.3.
  • Perplexité générale (euphémisme) à l'évocation du CICE.
Donc, oui. On a été capables - n'en déplaise aux trolls - de reconnaître qu'on a merdé sur quelques points. Mais ces quelques points ne doivent pas effacer tout le reste. Et on est aussi tombés d'accord pour dire qu'on est les seuls à ne pas jouer la carte de la droitisation de la société ni celle de l'aventure personnelle d'un super candidat. Et aussi, le point commun avec le Carrefour des Gauches de samedi à Bondy, c'est l'énergie et le sens des responsabilités. Et je suis convaincue, à titre personnel, que ce quinquennat donnera à François Hollande le recul suffisant pour aborder la profonde mutation de la société que nous attendons tous, mais sans violence et sans haine.

Finalement, pour être tout à fait claire, à défaut d'être dans la salle au moment des débats, le seul moyen d'avoir un écho de ce qui se tramait dans cette obscure réunion de (au choix ou pas), bobos, personnalités déconnectées de la vraie, lamentables gauchistes, la société civile qui veut jouer un rôle dans la campagne présidentielle et peser dans le débat politique et citoyen, c'était de suivre le hashtag #AG2017 sur Twitter. Alors évidemment, c'est un peu juste.

Et comme je suis bonne joueuse, je te fais cadeau de ce qui s'y est dit. Prends la peine de scroller jusqu'en bas avant de troller.

Ça me changera.

mercredi 23 novembre 2016

SCOOP - Fillon et Juppé sont de droite!

Alors que nos camarades de gauche, de la vraie gauche à la gauche molle, en passant par l'extrême-gauche et la gauche de droite, s'échinent à stratégiser (oui je sais, c'est un néologisme) autour du vote utile à la Primaire de droite de novembre 2016 pour faire barrage à l'extrême-droite aux Présidentielles de 2017, tout en étant déjà convaincus que la gauche, la vraie, la molle, l'extrême ou celle de droite, seront balayées dès le 1er tour (fais un effort pour suivre s'il te plaît, c'est déjà assez compliqué comme ça), nous, peuple de gauche, découvrons avec stupéfaction que la Primaire de droite et du centre n'est en fait que de droite et que le gagnant de dimanche dernier est carrément hyper à droite tandis que celui qui était favori est un peu moins à droite et n'a fini que 2ème.

Passées ces considérations préalables, il était plus que temps de vérifier si celui qui est désormais challenger est vraiment moins à droite que l'autre, et donc un peu plus au centre (pensée émue pour François Bayrou, variable d'ajustement de la chose), mais quand même très à droite pour nous, peuple de gauche.

C'est donc dans une démarche d'abnégation totale que je me suis fadé les deux programmes de droite des deux candidats de la droite et du centre.

Et là, les bras m'en sont tombés car figure-toi, camarade de gauche qui vas aller voter utile dimanche prochain, que les deux candidats sont carrément de droite et que - à la lecture de leurs programmes - la gauche molle qui nous gouverne est carrément de gauche.

Oui je sais, après 4 ans et demi de Hollande bashing, c'est carrément stupéfiant.

Moi, perso, dimanche prochain, j'ai poney.
Comme dimanche dernier d'ailleurs.



lundi 21 novembre 2016

Fillon, c'est la Sarkozie sans Nicolas Sarkozy

Drôle de soirée hier.
Passée la joie de voir Nicolas Sarkozy se prendre une deuxième veste 4 ans après sa défaite aux Présidentielles, un arrière-goût de Sarkozie tenace m'est resté en travers de la gorge:
François Fillon.
Premier ministre pendant 5 ans sous celui qu'il vient d'éliminer avec 44% des voix aux "Primaires de la Droite et du Centre" (dont on cherche toujours le centre cela dit en passant).
Premier ministre servile et docile pendant 5 ans.
Bras armé de la Sarkozie dure et réac, conservatrice et catholique. 
Un bon vieux gaulois comme les aime tant Nicolas Sarkozy.

François Fillon.
Et non pas "Fion" comme s'est plu à le prononcer hier soir Ruth Elkrief. 
Voter Fillon, c'est l'assurance d'un retour aux racines catholiques de la France. Ces bonnes vieilles racines qui nous ancrent dans la pérennité de l'immobilisme d'un autre siècle.

Fillon, c'est la sécurité.
La sécurité, mais sans les flics puisqu'il est aussi comptable que Nicolas Sarkozy de la suppression de 13 000 postes dans nos forces de l'ordre. Mais c'est un détail de l'histoire.

Fillon, c'est la famille.
Mais avec un papa et une maman, car on ne ment pas aux enfants comme se plaisent à le scander ses amis de la Manif pour Tous et de Sens Commun. Il fermera l'adoption et interdira la PMA aux couples homosexuels.
C'est le rétablissement des allocations familiales universelles pour tous, tout le temps, même pour ceux qui n'en ont pas besoin pour assurer loisirs, vacances, nourriture et confort à leurs enfants.

Fillon, c'est bosser jusqu'à 65 ans minimum.

Fillon, c'est la démocratie avec la mise en place d'un référendum pour entériner la fin des régimes spéciaux.

Fillon, c'est 39h de travail hebdomadaires payées 35, pour tout le monde, tout le temps. Exception faite du secteur privé ou ce sera freestyle. C'est aussi la mise en place d'un "contrat de travail unique à droits progressifs", pour que la protection des salariés soit alignée sur leur ancienneté. Étant donné qu'aujourd'hui, l'ancienneté se résume à 5 ou 10 ans grand max dans la même boîte, on est assuré de... Bah de rien en fait.

Fillon, c'est la liberté patronale. On pourra être licencié pour motif de "réorganisation". 

Fillon, c'est une lutte acharnée contre le "cancer de l'assistanat", si cher à Laurent Wauquiez, bras droit de Nicolas Sarkozy (tu la vois la boucle qui en train de se boucler?).

Fillon, c'est la sécurité fiscale des riches avec la suppression de l'ISF.

Fillon, c'est 500 000 fonctionnaires en moins. Ceux qui restent bosseront davantage.
L'histoire ne dit pas où il tapera en premier... Justice? Education nationale? Santé? Sécurité?

Fillon, c'est la France aux Français. Même combat que Marine Le Pen, la fermeture des frontières en moins.

Fillon, c'est le retour de l'uniforme et des maisons de correction. C'est moins d'enseignants, mais tous pluridisciplinaire. Mais l'histoire ne dit pas où et comment il les recrute et les forme. C'est encore plus d'autonomie pour les universités qui choisiront en toute indépendance les critères d'admission en master.

Bref.

Fillon, c'est la Sarkozie sans Nicolas Sarkozy.
Autrement dit: sa substantifique moelle...
 
Welcome back en 2012.